Les dalles de la guillotine, rue de la Croix-Faubin
16 rue de la Croix-Faubin, 75011 Paris
Il faut baisser les yeux au niveau du passage piéton, à l’angle de la rue de la Roquette. Les dalles de la guillotine sont là, cinq pierres claires prises dans l’asphalte de la rue de la Croix-Faubin, disposées en quinconce. Les voitures roulent dessus. Entre 1851 et 1899, elles servaient de fondation à autre chose : on y calait d’aplomb les montants de l’échafaud.
Le dernier plancher des condamnés
La Grande-Roquette, ouverte comme dépôt des condamnés, occupait le côté impair de la rue. Les exécutions publiques parisiennes, chassées de la place de Grève puis de la barrière Saint-Jacques, se sont installées devant sa porte en 1851. Un échafaud ne s’improvise pas : la machine exige une assise parfaitement horizontale, et le pavé bombé d’une rue ne la donne pas. On scella donc ces dalles dans la chaussée, cinq points d’appui pour les bois de justice, montés à chaque veille d’exécution et démontés au matin.
En 1899, les exécutions quittent le quartier pour l’enceinte de la Santé, boulevard Arago. La Grande-Roquette est démolie peu après. Les dalles, elles, sont restées, trop discrètes pour déranger. La page municipale du square d’en face les signale aujourd’hui expressément, avec un panneau Histoire de Paris planté au numéro seize.
Ce que racontent les dalles de la guillotine et leurs alentours
- Les cinq pierres en quinconce, dont l’écartement correspond à l’empattement de la machine et de son escalier.
- Le panneau Histoire de Paris du numéro seize, qui résume le face-à-face des deux prisons.
- En face, l’entrée conservée de la Petite-Roquette, prison des enfants puis des femmes, démolie en 1974 : ses deux guérites de faction encadrent aujourd’hui l’entrée du square.
- Dans le square, la plaque aux résistantes emprisonnées là entre 1940 et 1944.
S’y rendre sans frisson obligatoire
Rue de la Croix-Faubin, au droit du numéro seize, dans le 11e arrondissement ; métro Philippe Auguste ou Voltaire. Les dalles se voient en permanence, en regardant où l’on met les pieds, la rue restant une rue. Le square de la Roquette, en face, garde les guérites et ouvre aux horaires des parcs. Pour un autre morceau du Paris pénitentiaire, la Conciergerie raconte l’amont de l’histoire, et les Catacombes son sous-sol.
Le saviez-vous ?
On lit souvent que ces dalles marquent la dernière exécution publique de Paris. C’est doublement faux. Ici, la machine a cessé son office en 1899, simple déménagement administratif vers le boulevard Arago, où les exécutions restèrent publiques. Et la dernière exécution publique de France n’eut lieu ni ici ni là, mais devant la prison de Versailles, en juin 1939 ; le spectacle fit scandale et le décret-loi suivit, renvoyant la guillotine derrière les murs. Les dalles de la Croix-Faubin ne sont pas une borne finale, elles sont un plancher de scène, et la scène a simplement changé d’adresse.
Dans la chaussée de la rue de la Croix-Faubin, au niveau du numéro seize, dans le 11e arrondissement, face à l’ancien emplacement de la prison de la Grande-Roquette.
À caler d’aplomb les montants de l’échafaud, monté à chaque exécution devant la Grande-Roquette entre 1851 et 1899. La machine exigeait une assise parfaitement horizontale que le pavé n’offrait pas.
Non. Les exécutions ont quitté la Roquette en 1899 pour le boulevard Arago, et la dernière exécution publique de France s’est tenue à Versailles en 1939.
Le carnet continue
Vestiges
Le regard de la Lanterne
19e arrondissement
Les colonnes de la barrière du Trône
12e arrondissement
Les vestiges de la Bastille
4e arrondissement
La colonne Médicis
1er arrondissement