Il y a des restaurants où l’on dîne, et d’autres où l’on écrit. La Closerie des Lilas, guinguette plantée de lilas dès 1847 au bout du boulevard du Montparnasse, fut la seconde maison de la littérature française puis américaine : Baudelaire et Verlaine aux mardis de Paul Fort, Apollinaire et Jarry en éclaireurs, puis Ernest Hemingway, qui y écrivit en six semaines l’essentiel du Soleil se lève aussi, un crayon et un café-crème pour tout bureau. Sa plaque de laiton brille au bar, parmi des dizaines d’autres, à la place exacte de ses habitudes.
Où se trouve la Closerie des Lilas ? Repères sur le plan de Paris
171 boulevard du Montparnasse, angle de l’avenue de l’Observatoire, 6e, RER B Port-Royal ou métro Vavin. La fontaine Médicis est à dix minutes par l’avenue, la Coupole à cinq côté Vavin. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : des lilas, des poètes et un maréchal
Relais de diligences devenu bal champêtre, la Closerie doit son nom aux lilas qui ombrageaient les tonnelles. Les mardis poétiques de Paul Fort (1905-1914) y firent défiler tout le vers libre européen ; Lénine et Trotski y poussèrent des pions d’échecs, Picasso et Modigliani des esquisses. La statue équestre du maréchal Ney, sabre au vent devant la terrasse, servait de repère à Hemingway : « mon vieux camarade Ney », écrivait-il. Devenue brasserie chic au piano-bar feutré, la maison a gardé le rite des plaques : chaque habitué illustre a la sienne, vissée à sa place.
La table : les spécialités maison
- Le steak tartare « Hemingway », préparé au guéridon côté brasserie : le plat-hommage.
- Côté restaurant, gibier et classiques du boulevard en version cossue.
- Le banc d’écailler de la terrasse, sous les feuillages.
- Le baba et les desserts du piano-bar, à l’heure où la musique commence.
Modalités et infos pratiques
- Adresse : 171 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris.
- Deux ambiances : brasserie avec piano tous les soirs et restaurant plus habillé ; réservation conseillée, closeriedeslilas.fr.
- Budget : brasserie de gamme supérieure ; le bar permet de goûter le mythe au prix d’un cocktail.
Petites histoires et grandes anecdotes
Hemingway raconte dans Paris est une fête avoir défendu « sa » Closerie contre les fâcheux qui parlaient trop fort : l’écriture exigeait le silence des habitués. Les plaques de laiton se cherchent comme un jeu de piste : Beckett près du piano, Sartre en banquette, Man Ray au coin du bar. Et la tradition veut qu’un écrivain qui signe son premier contrat vienne toucher la plaque d’Ernest : les éditeurs du quartier jurent que ça marche.
Nos conseils pour la visite
Prenez le bar au crépuscule, un tartare et le piano : c’est la formule Hemingway à hauteur d’aujourd’hui. Par beau temps, la terrasse sous les feuillages est l’une des plus douces de Paris. Complétez la promenade littéraire vers le musée Zadkine ou le jardin du Luxembourg et sa fontaine Médicis, à dix minutes de flânerie.
Oui : il y rédigea en 1925, en quelques semaines, la première version du « Soleil se lève aussi », et raconte la Closerie dans « Paris est une fête ». Sa plaque de laiton marque sa place au bar.
Chacune marque la place favorite d’un habitué célèbre : Baudelaire, Verlaine, Sartre, Beckett, Man Ray, Hemingway. Les retrouver toutes est un rite de première visite.
Le steak tartare « Hemingway », assaisonné au guéridon côté brasserie, et le banc d’écailler en terrasse. Le piano-bar du soir fait partie du menu au même titre que la carte.