Le Bon Marché Rive Gauche
24 rue de Sèvres, 75007 Paris
Tout a commencé ici, rue de Sèvres. Le Bon Marché est généralement présenté comme le premier grand magasin du monde, et c’est une révolution française : entrée libre, prix affichés, satisfait ou remboursé. Ce que nous tenons pour des évidences fut inventé dans ces murs par Aristide et Marguerite Boucicaut, un fils de chapelier normand et une gardienne d’oies devenue femme d’affaires visionnaire. Zola en fit la matrice de son Bonheur des Dames, et le magasin, cathédrale de fer et de lumière, n’a rien perdu de sa grâce.
Où se trouve Le Bon Marché ? Repères sur le plan de Paris
Au 24 rue de Sèvres, 7e arrondissement, métro Sèvres-Babylone (10, 12), face au square Boucicaut et à deux pas du palace Lutetia, construit d’ailleurs pour loger ses clientes de province. Saint-Germain-des-Prés et les Deux Magots sont à dix minutes à pied. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : la révolution Boucicaut
En 1838, les frères Videau tiennent rue de Sèvres un magasin de nouveautés. Aristide Boucicaut s’y associe en 1852, en devient seul maître en 1863, et déchaîne une machine commerciale inédite : on entre sans obligation d’acheter, on flâne, on touche, on rêve. Les prix sont fixes et étiquetés, l’article rendu est remboursé, le catalogue voyage jusqu’au fond des provinces et la livraison suit en voiture à cheval. Le chiffre d’affaires passe de moins d’un demi-million de francs en 1852 à plus de 70 millions en 1877 : le commerce moderne est né, et toute l’Europe accourt copier la formule.
Le magasin actuel s’élève à partir de 1869 : les architectes Boileau père et fils y déploient une ossature métallique conçue avec le concours des ateliers de Gustave Eiffel, verrières et passerelles baignant les comptoirs de lumière. Marguerite, restée seule après 1877, poursuit l’œuvre sociale du couple, pionnière et méconnue : caisse de prévoyance, médecin gratuit, cours du soir, repos du dimanche pour près de 1 800 employés. Sans héritier, elle lègue presque tout : l’hôpital Boucicaut portera son nom. Depuis 1984, la maison appartient au groupe LVMH, qui en a fait l’écrin feutré de la rive gauche.
Que voir ?
- Les escalators croisés dessinés par Andrée Putman, ballet graphique au centre de l’atrium.
- Les verrières et l’ossature de fer héritées du chantier Eiffel, à contempler la tête en l’air.
- Les expositions d’art contemporain régulièrement installées sous la verrière.
- La Grande Épicerie de Paris, au 38 rue de Sèvres : le garde-manger le plus raffiné de la capitale.
Modalités et infos pratiques
- Accès : entrée libre, ouvert tous les jours en continu jusqu’en soirée ; vérifiez les horaires du jour avant de venir.
- Site : lebonmarche.com.
- Métro : Sèvres-Babylone (10, 12), sortie square Boucicaut.
Petites histoires et grandes anecdotes
Pour retenir les familles, Boucicaut inventa tout : un buffet gratuit, un salon de lecture où les maris patientaient journaux en main, des concerts, des images à collectionner pour les enfants et le fameux « blanc » de janvier, déballage de linge qui vidait les armoires de France. Zola, calepin en poche, vint enquêter dans les rayons en 1882 : ses vendeuses, ses monte-charges et sa « cathédrale du commerce moderne » sortent tout droit d’ici. Quant au « satisfait ou remboursé », il fit hurler les boutiquiers du quartier avant de conquérir la planète.
Nos conseils pour la visite
Venez en semaine à l’ouverture : la lumière des verrières tombe alors sur des allées presque vides, et les escalators de Putman se photographient sans personne. Ne manquez pas l’épicerie voisine, ses pâtisseries d’orfèvre et sa cave. Puis traversez vers le Lutetia pour un thé, ou remontez la rue du Bac vers le musée d’Orsay : la rive gauche se déguste à pied. L’aînée de la famille se visite comme un monument, avant sa cadette la Samaritaine.
Oui, c’est l’usage : fondé comme magasin de nouveautés en 1838 et transformé par Aristide Boucicaut à partir de 1852, il fut le premier à réunir entrée libre, prix fixes affichés, satisfait ou remboursé et vente par correspondance. Le modèle a ensuite conquis le monde entier.
Les ateliers de Gustave Eiffel ont participé, aux côtés des architectes Boileau, aux agrandissements lancés à partir de 1869 : ossature métallique, verrières et passerelles. Une partie de ces structures s’admire toujours depuis les étages.
Oui, le magasin ouvre tous les jours, dimanche compris, en continu jusqu’en soirée. Les horaires précis du jour figurent sur lebonmarche.com ; la Grande Épicerie voisine suit des horaires proches.