Le 16 décembre 1946, un hôtel particulier discret du 30 avenue Montaigne devient la maison Dior. Christian Dior a quarante et un ans, il vient de Granville, il a vendu des dessins de chapeaux pour survivre, tenu une galerie d’art ruinée par la faillite paternelle, travaillé chez Piguet puis Lelong aux côtés d’un certain Pierre Balmain. Le magnat du textile Marcel Boussac lui propose de reprendre une maison en perdition ; Dior refuse et demande la sienne.
Le 12 février 1947, la première collection frappe comme un coup de tonnerre. Tailles serrées, épaules douces, jupes corolles avalant quinze mètres de tissu, alors que la France sort du rationnement. La rédactrice du Harper’s Bazaar américain, Carmel Snow, lance la formule qui fera le tour du monde : ce sera le New Look. Des ménagères en colère déchireront des robes dans la rue ; les commandes afflueront quand même.
Le 30 avenue Montaigne, berceau de Dior
Dior a choisi l’adresse pour sa mesure : un hôtel de 1865, peu de fenêtres sur rue, pas d’apparat. Il en confie la décoration à Victor Grandpierre avec une consigne unique, le gris Trianon et le blanc, les couleurs du salon de son enfance à Granville. Les fauteuils Louis XVI, les cabines de bois clair, le grand escalier : tout est encore là. La maison n’a jamais quitté le numéro 30, qu’elle occupe aujourd’hui presque entièrement.


La voyante, l’étoile et le muguet
Christian Dior était d’une superstition totale. Il consultait Madame Delahaye avant chaque collection et n’ouvrit sa maison qu’après son feu vert. Hésitant devant la proposition de Boussac, il buta un jour sur un objet métallique du trottoir de la rue Saint-Florentin : une étoile. Il y vit un signe et accepta le lendemain. Il glissait un brin de muguet dans l’ourlet de ses robes, faisait défiler ses mannequins avec une médaille cousue, et gardait dans sa poche un morceau de bois trouvé enfant.
Ce qu’il faut retenir de la naissance de Dior
- Maison fondée le 16 décembre 1946, première collection le 12 février 1947.
- Financement de Marcel Boussac, industriel du coton, surnommé le roi du textile.
- Le New Look, baptisé par Carmel Snow du Harper’s Bazaar.
- Le parfum Miss Dior lancé dès 1947, du nom de sa sœur Catherine, résistante déportée.
- Christian Dior meurt en 1957 ; un garçon de vingt et un ans lui succède, Yves Saint Laurent.
Descendez l’avenue Montaigne jusqu’au 30 : sous les auvents gris, on est au point exact où la mode française s’est relevée de la guerre. Le grand bal des plumes raconte la suite de l’histoire, le palais Galliera conserve les robes, et l’adresse est épinglée sur notre carte de Paris.
Le 16 décembre 1946, au 30 avenue Montaigne dans le 8e arrondissement de Paris, avec le soutien financier de l’industriel du textile Marcel Boussac. La maison n’a jamais quitté cette adresse.
Le nom donné par la rédactrice américaine Carmel Snow à la première collection de février 1947 : taille marquée, épaules arrondies et jupes très amples, à rebours des silhouettes économes imposées par le rationnement de guerre.
Profondément. Il consultait la voyante Madame Delahaye avant chaque décision, glissait un brin de muguet dans l’ourlet de ses robes et raconta avoir accepté de fonder sa maison après avoir buté sur une étoile métallique, rue Saint-Florentin.