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SECRET PARISIEN

Paris, le mardi 8 septembre 2026

6e Arrt
boulevardSaint-Germain
Chloé

Chloé, la naissance du prêt-à-porter de luxe

Le Café de Flore, boulevard Saint-Germain, où Chloé présenta sa première collection
Celette, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Chloé a inventé une expression avant d’inventer une maison. En 1952, Gaby Aghion, Égyptienne d’Alexandrie installée à Paris, trouve la haute couture rigide, chère et vieillissante. Elle imagine des vêtements coupés dans de belles matières mais taillés pour être portés tous les jours, sans essayages ni corsets, et forge pour les désigner le terme de prêt-à-porter de luxe. Elle emprunte son nom à une amie, Chloé Huysmans, parce qu’elle le trouve chaleureux et rond.

Elle n’a ni salon ni maison de couture. Alors en 1956, pour la première présentation, elle convoque la presse au Café de Flore, boulevard Saint-Germain, à l’heure du petit déjeuner : les mannequins circulent entre les tables, les habitués lèvent le nez de leur journal, et le prêt-à-porter fait son entrée dans l’histoire au milieu des cafés crème. La démonstration se répétera à la brasserie Lipp, en face.

Chloé et ses jeunes créateurs

Gaby Aghion s’associe en 1953 au commerçant Jacques Lenoir et prend une habitude qui deviendra la marque de la maison : recruter des inconnus. Passent chez elle Gérard Pipart, Christiane Bailly, Maxime de la Falaise, puis en 1966 un Allemand de trente-trois ans nommé Karl Lagerfeld, qui y restera dix-sept ans avant d’y revenir. Suivront Stella McCartney, Phoebe Philo, Hannah MacGibbon. Chloé aura été le laboratoire discret de la mode parisienne.

Gaby Aghion, d’Alexandrie à Saint-Germain

Née en 1921 dans la bourgeoisie juive francophone d’Alexandrie, fille d’un négociant en cigarettes, Gaby Aghion arrive à Paris en 1945 avec son mari Raymond. Le couple fréquente Picasso, Lawrence Durrell et les milieux communistes ; elle n’a aucune formation de couturière. C’est précisément ce qui la rend libre : elle taille dans du coton fin des robes fluides que l’on enfile seule, sans essayage, à l’opposé de la couture d’alors. Elle refusa toujours d’y mettre son propre nom, jugeant qu’une marque devait vivre plus longtemps qu’une personne.

Ce qu’il faut retenir de Chloé

  • 1952 : fondation par Gaby Aghion, qui invente l’expression prêt-à-porter de luxe.
  • 1956 : première présentation au cœur de Saint-Germain-des-Prés, entre les tables du Café de Flore.
  • 1966 : arrivée de Karl Lagerfeld, alors inconnu.
  • 1975 : le parfum Chloé, dans un flacon à fleur de lys.
  • 2014 : Gaby Aghion reçoit la Légion d’honneur, à quatre-vingt-douze ans.

Prenez un café en terrasse du Flore et regardez la salle : c’est ici, entre le zinc et les banquettes rouges, que la mode a cessé d’être réservée aux salons. Le palais Galliera conserve les robes, le Bon Marché est à dix minutes, et l’adresse est épinglée sur notre carte de Paris.

Qui a fondé la maison Chloé ?

Gaby Aghion, née à Alexandrie en 1921 et installée à Paris, qui créa la marque en 1952 et s’associa dès 1953 au commerçant Jacques Lenoir. Elle dirigea la maison jusqu’en 1985.

Où Chloé a-t-elle présenté sa première collection ?

Au Café de Flore, 172 boulevard Saint-Germain, en 1956, à l’heure du petit déjeuner et entre les tables du café. La maison n’avait alors ni salon ni podium.

Karl Lagerfeld a-t-il travaillé pour Chloé ?

Oui, de 1966 à 1983, puis de 1992 à 1997. Il y fit ses premières armes comme directeur artistique avant de rejoindre Chanel, et la maison reste connue pour avoir révélé de nombreux créateurs débutants.

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