Christofle commence comme une bijouterie. En 1830, Charles Christofle, vingt-cinq ans, reprend l’atelier de bijouterie de son beau-frère et fonde la société qui porte son nom. Ce n’est pas l’orfèvrerie qui le rend célèbre, mais un calcul industriel : en 1841 puis en 1842, il rachète au chimiste français Henri de Ruolz et à l’Anglais Elkington leurs brevets de dorure et d’argenture par électrolyse.
Le procédé, la galvanoplastie, permet de déposer une couche d’argent sur un métal commun : le couvert d’apparat cesse d’être réservé à quelques familles. Détenteur exclusif des brevets, Christofle obtient un monopole de dix ans sur la fabrication de métal argenté en France. Son usine s’installe rue de Bondy, l’actuelle rue René-Boulanger, dans le 10e, puis à Saint-Denis quand la production explose.
Christofle, l’orfèvre du Second Empire
Napoléon III commande le service des Tuileries, plus de mille pièces ; Christofle devient le fournisseur des palais impériaux, puis des paquebots, des trains et des grands hôtels. La maison signe l’argenterie du Normandie, celle de l’Orient-Express, celle du Ritz. Elle fait travailler des artistes, de Gio Ponti à Man Ray, de Christian Fjerdingstad à Jean Cocteau, et sera l’une des rares manufactures françaises à traverser deux siècles sans changer de famille jusqu’en 2012.
La devise gravée sur chaque pièce
Charles Christofle avait une obsession : la contrefaçon. Il fut l’un des premiers industriels français à numéroter et poinçonner systématiquement chaque objet sorti de ses ateliers, en y faisant graver le nom complet et un carré contenant une balance, et il plaida sans relâche contre les copieurs. « Une seule qualité, la meilleure », disait sa devise, et il tenait que la signature était la meilleure protection possible. Le procès qu’il gagna en 1847 contre trois concurrents fit jurisprudence.
Les repères de la maison Christofle
- 1830 : fondation de la bijouterie Charles Christofle.
- 1841 et 1842 : rachat des brevets de Ruolz puis d’Elkington.
- 1844 : l’usine de la rue de Bondy passe à l’orfèvrerie.
- 1855 : le service des Tuileries pour Napoléon III.
- L’argenterie du Normandie, de l’Orient-Express et du Ritz.
La rue René-Boulanger longe la porte Saint-Martin : rien n’y rappelle l’usine, mais le musée Bouilhet-Christofle conserve les archives et les modèles de la maison, dont le musée Carnavalet montre aussi des exemples. Le musée des Arts décoratifs en expose plusieurs pièces, et l’adresse est épinglée sur notre carte de Paris.
En 1830 à Paris, par Charles Christofle, d’abord comme bijouterie. Elle bascula dans l’orfèvrerie en 1842, après le rachat des brevets d’argenture par électrolyse, dans son usine de la rue de Bondy.
Un procédé d’argenture ou de dorure par électrolyse, dont Charles Christofle acheta les brevets à Henri de Ruolz en 1841 et à Elkington en 1842. Il permit de couvrir d’argent des métaux communs et lui valut dix ans de monopole en France.
Par crainte de la contrefaçon. Charles Christofle fut l’un des premiers industriels français à numéroter et poinçonner systématiquement chaque objet, et gagna en 1847 un procès contre des concurrents qui fit jurisprudence.