Le passage du Ponceau
212 rue Saint-Denis, 75002 Paris
Le passage du Ponceau appartient à la génération des grands passages spéculatifs : ouvert en 1826, en même temps que le Bourg-l’Abbé voisin, il devait relier la rue Saint-Denis aux boulevards en profitant de la circulation du quartier des Halles. Son nom vient de l’ancienne rue du Ponceau, elle-même nommée d’après un petit pont qui franchissait autrefois le fossé des Filles-Dieu.
Comme son voisin, il a payé le prix des travaux d’Haussmann : le percement du boulevard de Sébastopol l’a tronqué et lui a fait perdre son débouché naturel. Ce qui reste est un couloir sobre, éclairé par une verrière basse, qu’on emprunte surtout pour couper au plus court entre la rue Saint-Denis et le boulevard.
Où se trouve le passage du Ponceau
Il s’ouvre au 212 rue Saint-Denis, dans le 2e arrondissement, et débouche au 119 boulevard de Sébastopol. On est au cœur du Sentier, le quartier de la confection en gros, et le passage vit au rythme des livraisons et des ateliers plutôt qu’à celui des promeneurs. Il est épinglé sur notre carte de Paris.
Un portail qui vaut le détour
Le contraste est saisissant entre la modestie de l’intérieur et la façade monumentale du côté du boulevard : un grand arc en plein cintre encadré de pilastres, orné de sculptures et surmonté d’un cartouche, digne d’une entrée de théâtre. C’est le vestige du passage tel qu’on le concevait en 1826, quand il fallait convaincre le passant qu’il entrait dans un lieu de luxe. Le sol porte encore, gravée, l’inscription du nom du passage.
Le Sentier, dernier quartier d’ateliers du centre
Le passage se comprend mal si l’on ignore ce qui l’entoure. Le Sentier est depuis le XIXe siècle le quartier de la confection parisienne : ateliers de coupe, grossistes en tissu, façonniers, coursiers. Les vagues d’immigration successives y ont chacune laissé leur métier, et le quartier a longtemps travaillé jour et nuit. Les passages du Ponceau et du Caire en sont les couloirs de service, plus utiles que pittoresques, et c’est ce qui les rend précieux : ce sont les derniers passages parisiens à servir encore à ce pour quoi ils ont été bâtis.
Ce qu’il faut regarder en passant
- Le portail en plein cintre côté boulevard de Sébastopol.
- L’inscription au sol, à l’entrée, gravée dans la pierre.
- La verrière basse, très différente des grandes nefs voisines.
- Les ateliers et grossistes du Sentier, qui font vivre le passage.
- Le passage du Caire, à deux minutes, pour comparer.
Y aller et le visiter
- Entrées : 212 rue Saint-Denis et 119 boulevard de Sébastopol, 2e.
- Ouvert du lundi au vendredi, aux heures de bureau.
- Métro Réaumur, Sébastopol ou Strasbourg, Saint-Denis.
- Accès libre, passage privé.
Faites la boucle du Sentier : le passage du Caire, le Ponceau, puis le Grand-Cerf quelques rues plus bas. Trois générations de passages en un quart d’heure.
En 1826, à la même époque que le passage du Bourg-l’Abbé voisin. Il reliait la rue Saint-Denis aux boulevards, avant d’être tronqué par le percement du boulevard de Sébastopol.
De l’ancienne rue du Ponceau, ainsi nommée d’après un petit pont qui franchissait autrefois le fossé bordant le couvent des Filles-Dieu, dans ce secteur de la rue Saint-Denis.
Au 212 rue Saint-Denis, dans le 2e arrondissement de Paris, avec une seconde entrée au 119 boulevard de Sébastopol, en plein quartier du Sentier.