Aucun décor parisien n’offre autant de scènes au mètre carré : le jardin du Luxembourg, ses chaises vertes, son grand bassin et ses reines de pierre servent le cinéma depuis les années 1950. Les miracles n’ont lieu qu’une fois (1951) y promène Alida Valli, le feuilleton Belphégor (1965) y glisse ses mystères, et Roman Polanski y fait tourner la paranoïa du Locataire (1976) autour des allées trop calmes.
Où se trouve le jardin du Luxembourg ? Repères sur le plan de Paris
Le jardin s’étend entre Odéon, Saint-Michel et Montparnasse, entrées rue de Médicis et rue de Vaugirard : RER B Luxembourg, métro Odéon (4, 10). Le Polidor garde la porte nord pour l’après-promenade. Épingle sur notre carte de Paris.
La scène : chaises vertes, complots doux et fantômes
Le Locataire (1976) : Polanski, qui joue lui-même Trelkovsky, vient chercher au Luxembourg un peu d’air entre deux étouffements d’immeuble ; le contraste entre la douceur des allées et l’angoisse du récit fait tout le sel de la scène. Onze ans plus tôt, Belphégor semait déjà l’inquiétude entre les statues, preuve que le plus policé des jardins cache bien son jeu.
Le reste du temps, le jardin tourne en continu : étudiants, joueurs d’échecs, petits voiliers du bassin et fanfares du kiosque composent une figuration éternelle. Les vingt reines de France en pierre, le palais du Sénat et la fontaine Médicis attendent, impassibles, la prochaine équipe de tournage.
Que voir sur place ?
- La fontaine Médicis et son bassin ombragé, le plan romantique par excellence.
- Le grand bassin et ses voiliers de location, inchangés depuis un siècle.
- Les reines de France alignées sur les terrasses, garde d’honneur de pierre.
- Le kiosque à musique et les vergers cachés, côté rue Auguste-Comte.
Y aller
- Adresse : Rue de Médicis, 75006 Paris.
- RER : Luxembourg (B) ; métro Odéon (4, 10).
- Horaires : ouverture au lever du jour, fermeture à la tombée de la nuit, au son du sifflet.
Nos conseils pour la visite
Louez une chaise… non, prenez-la, elles sont libres depuis longtemps : installez-vous face à la fontaine Médicis à l’heure où la lumière tombe entre les platanes. C’est le plan d’ouverture idéal de n’importe quel film du 6e, et il ne coûte rien.
Entre autres : Les miracles n’ont lieu qu’une fois (1951), le feuilleton Belphégor (1965), Le Locataire de Polanski (1976), et d’innombrables scènes de flânerie du cinéma français : le jardin est un décor permanent.
Oui, entièrement : jardin, chaises, kiosque et fontaine Médicis sont en accès libre aux horaires d’ouverture, du lever du jour à la tombée de la nuit. Seuls voiliers, poneys et théâtre de marionnettes sont payants.
À gauche du palais du Sénat en entrant par la rue de Médicis : un long bassin ombragé de platanes, gardé par Polyphème penché sur les amants. Le coin le plus cinématographique du jardin, surtout le matin.
La mémoire du lieu
Les histoires qui s’y sont écrites
Les kiosques à musique, la fanfare au milieu du square
Huit colonnes, un chapeau chinois et la fanfare du dimanche : les kiosques à musique jouent depuis le Second Empire.
Le carnet continue
Lieux de tournage
Piscine Pontoise
5e arrondissement
Place de l’Estrapade
5e arrondissement
Coulée verte René-Dumont
12e arrondissement
Le Balajo
11e arrondissement
Cirque d’hiver Bouglione
11e arrondissement
Place Émile-Goudeau
18e arrondissement
Rue César-Franck
15e arrondissement
Station Porte des Lilas – Cinéma
20e arrondissement