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SECRET PARISIEN

Paris, le jeudi 10 septembre 2026

6e Arrt
jardindu Luxembourg
Mobilier urbain

Les kiosques à musique, la fanfare au milieu du square

Le kiosque à musique du jardin du Luxembourg, huit colonnes fines sous un toit en chapeau
Dinkum, CC0, via Wikimedia Commons

Un cercle de colonnettes, un toit en chapeau, une rambarde de fonte : les kiosques à musique sont la scène la plus modeste et la plus aimée de Paris. Nés avec les squares du Second Empire, quand Alphand et Davioud meublaient les jardins neufs d’Haussmann, ils accueillaient fanfares militaires et orphéons pour les concerts du dimanche : tout un répertoire de kiosque, valses, ouvertures et polkas, que les beaux jours font toujours revenir.

Une histoire : la musique descend au jardin

Le Second Empire invente le square à l’anglaise et lui donne aussitôt une âme sonore : chaque quartier veut son kiosque, la Garde républicaine et les sociétés musicales assurent le service. L’objet est un bijou d’économie : huit à douze colonnettes de fonte, un plancher surélevé pour l’acoustique, un toit polygonal en zinc, parfois une crête de dentelle métallique. Les catalogues municipaux en déclinent des dizaines de variantes, des plus sages aux plus orientales.

Le XXe siècle les délaisse, la radio remplace l’orphéon, certains disparaissent ; mais les squares parisiens en gardent de superbes, restaurés et régulièrement rendus à leur usage : concerts d’été, bals de quartier, fanfares étudiantes. Il suffit d’une clarinette pour que 1867 revienne.

Ce qu’il faut regarder

  • Le plancher surélevé, caisse de résonance autant qu’estrade.
  • Les colonnettes de fonte cannelées et leur rambarde ouvragée.
  • Le toit en chapeau chinois, zinc à écailles et crête ajourée.
  • Les mélomanes du dimanche, chaises en arc de cercle : la vraie figuration d’époque.

Où écouter les kiosques à musique aujourd’hui

Le plus couru se dresse au jardin du Luxembourg, à deux pas de la fontaine Médicis ; celui du parc des Buttes-Chaumont règne sur son belvédère de verdure, et celui du parc Montsouris voit passer les coureurs du dimanche. Ouvrez l’oreille aux beaux jours : la programmation des squares ressuscite fanfares et harmonies, gratuitement, comme sous l’Empire.

Le saviez-vous ?

L’expression avoir l’esprit kiosque n’existe pas, mais elle devrait : ces scènes rondes ont inspiré peintres et cinéastes, et le répertoire dit de kiosque, marches, valses lentes et fantaisies, constitue un genre musical à part entière, que les harmonies municipales entretiennent pieusement. Le dimanche, aux Buttes-Chaumont, il arrive que la fanfare joue pour trois enfants et un chien : c’est peut-être la plus exacte définition du bonheur public.

De quand datent les kiosques à musique parisiens ?

Du Second Empire pour l’essentiel : ils accompagnent la création des squares d’Haussmann, meublés par Alphand et Davioud, où fanfares et orphéons donnaient les concerts publics du dimanche.

Y joue-t-on encore de la musique ?

Oui : les beaux jours ramènent concerts de quartier, harmonies et fanfares dans plusieurs squares, Luxembourg et Buttes-Chaumont en tête. La programmation est le plus souvent gratuite.

Comment sont-ils construits ?

Sur un plancher surélevé qui sert de caisse de résonance, ceint de colonnettes de fonte portant un toit polygonal de zinc : une architecture légère, économique et démontable, typique du XIXe siècle industriel.

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