Le jardin d’agronomie tropicale René-Dumont
45 bis avenue de la Belle-Gabrielle, 75012 Paris
À l’extrémité est du bois de Vincennes, à la limite de Nogent-sur-Marne, sept hectares gardent des pavillons de bois et de plâtre, des ponts, une porte chinoise et des monuments que la végétation reprend peu à peu. Le jardin d’agronomie tropicale René-Dumont a d’abord été un instrument de l’entreprise coloniale : un jardin d’essai créé en 1899 pour acclimater, cultiver et expédier les plantes des colonies.
Où se trouve le jardin d’agronomie tropicale ? Repères sur le plan de Paris
L’entrée unique est au 45 bis, avenue de la Belle-Gabrielle, dans le 12e arrondissement, même si l’adresse postale est nogentaise. Le RER A dépose à Nogent-sur-Marne, à cinq minutes à pied ; les bus 113 et 120 desservent la gare. Le jardin occupe l’angle est du bois de Vincennes, à plus de deux kilomètres du château, un autre monde que celui du Parc floral.
Une histoire : du jardin d’essai colonial au jardin d’agronomie tropicale
À partir de 1899, le jardin d’essai colonial reçoit plants et semences venus des colonies. On les cultive, on les analyse, et les variétés jugées intéressantes repartent vers les stations expérimentales des territoires : café, cacaoyer, vanille et bananiers poussent sous les serres du bois de Vincennes.
De mai à octobre 1907, le jardin accueille l’exposition coloniale de Nogent. Des pavillons sont bâtis en dur, des villages reconstitués, et des personnes recrutées dans les colonies y sont installées et payées pour être exhibées devant les visiteurs. Plusieurs constructions étaient arrivées avant : la serre du Dahomey et le pavillon de la Réunion venaient de l’Exposition universelle de 1900, la maison de la Cochinchine de l’exposition coloniale de Marseille de 1906.
Pendant la Grande Guerre, le jardin colonial devient un hôpital pour les troupes des colonies : il ferme le 1er mai 1919. Les monuments élevés ensuite aux soldats venus de Madagascar, d’Indochine, d’Afrique, font du lieu un mémorial sans tombes. Le site passe ensuite aux instituts d’agronomie tropicale, puis il est confié à la Ville de Paris en mai 2003 et ouvert au public en avril 2006, sous le nom de l’agronome René Dumont.
Ce qu’il faut voir au jardin d’agronomie tropicale
- La porte chinoise, inscrite aux monuments historiques, et les deux ponts, le khmer et le tonkinois.
- L’esplanade du Dinh, son décor et son urne funéraire.
- Le pavillon de l’Indochine, restauré, où se tiennent des expositions temporaires.
- Le pavillon de la Tunisie, restauré en 2020, devenu un restaurant d’insertion.
- La serre du Dahomey, venue de l’Exposition universelle de 1900, et la grande serre.
- Les monuments aux morts des troupes coloniales de 1914-1918, et, parmi les éléments inscrits, un piège à tigre et une grande cloche de bois.
Modalités et infos pratiques
L’entrée est libre et gratuite, de 9 h 30 à 20 heures en septembre, jusqu’à 18 h 30 en octobre. Il n’y a pas de toilettes publiques, et les animaux ne sont pas admis. Plusieurs pavillons, très abîmés, ne se visitent pas : le jardin se parcourt comme un site archéologique récent, où les toitures s’effondrent sous le lierre.
Le temple du souvenir indochinois, installé dans l’ancienne maison de la Cochinchine, a brûlé en avril 1984 ; un pavillon du Dinh plus modeste l’a remplacé en 1992. Un parcours historique jalonne la visite, et des visites guidées sont proposées par la Ville. Compter une heure et demie pour en faire le tour, davantage si l’on s’arrête devant chaque monument.
Le saviez-vous ? René Dumont y fut élève
L’institut d’agronomie coloniale installé dans le jardin a formé des générations d’ingénieurs. René Dumont y étudie dans les années 1920, avant de devenir le critique le plus célèbre de l’agronomie productiviste et, en 1974, le premier candidat écologiste à une élection présidentielle française. Le jardin porte son nom depuis le milieu des années 2000.
Parmi les éléments inscrits aux monuments historiques en 1994 figurent des objets qu’on n’attend pas dans une liste officielle : un piège à tigre et une grande cloche de bois, à côté des serres, des ponts et des monuments aux morts.
Oui, l’entrée est libre. Le jardin ouvre à 9 h 30 et ferme à 20 heures en septembre, à 18 h 30 en octobre. Il n’y a pas de toilettes publiques et les animaux n’y sont pas admis.
Ils viennent des expositions coloniales : l’Exposition universelle de 1900, l’exposition de Marseille de 1906, et surtout l’exposition coloniale de Nogent, tenue dans le jardin de mai à octobre 1907.
Il est inscrit, et non classé, au titre des monuments historiques : la pagode vietnamienne en 1965, puis en 1994 les serres, les pavillons, les ponts, la porte chinoise et les monuments aux morts. Il est en outre dans le site classé du bois de Vincennes.
Le carnet continue
Jardins
Le parc Monceau
8e arrondissement
Le bois de Boulogne
16e arrondissement
Le jardin des serres d’Auteuil
16e arrondissement
Le square des Batignolles
17e arrondissement
Le jardin des Tuileries
1er arrondissement
Le jardin du Ranelagh
16e arrondissement
Le parc André-Citroën
15e arrondissement
Le bois de Vincennes
12e arrondissement