Courrèges est né d’un ingénieur. Formé aux Ponts et Chaussées à Pau, André Courrèges monte à Paris en 1945 et passe dix ans chez Cristóbal Balenciaga, où il apprend la coupe la plus exigeante de son temps. En 1961, il ouvre sa maison au 48 avenue Kléber, dans le 16e, avec Coqueline Barrière, sa collaboratrice puis sa femme. Le salon est entièrement blanc, sans dorure ni moulure : une rupture visuelle avant même la première robe.
Le coup de tonnerre vient en 1964 avec la collection Moon Girl. Robes trapèze très courtes, pantalons taillés dans du gabardine, bottes blanches à bout carré, lunettes à fentes, casques : Courrèges habille les femmes pour une époque qui vise la Lune. La question de savoir si la mini-jupe lui revient ou revient à la Londonienne Mary Quant n’a jamais été tranchée ; les deux l’ont imposée la même année, chacun de son côté de la Manche.
Ce que Courrèges a changé dans la mode
Il pense en ingénieur : coutures apparentes utilisées comme structure, matières neuves comme le vinyle et le jersey de laine, découpes géométriques, absence totale d’ornement. Il est aussi le premier couturier à faire défiler des mannequins en pantalon à la ville, et à proposer des vêtements plats, sans pinces, faits pour bouger. Ses couleurs sont réduites au blanc, à l’argent et à quelques pastels ; il disait que le blanc était « la seule couleur de la lumière ».
La maison qui refusa de vieillir
Courrèges ne s’arrête pas au vêtement. Il dessine des lunettes, des montres, du mobilier, et lance en 1985 une voiture électrique, la Zooop, biplace décapotable à carrosserie plastique, trente ans avant que l’idée ne devienne banale. Il imagine aussi des maisons préfabriquées et une ligne de sport. La maison connaîtra une longue traversée du désert avant d’être reprise en 2011, puis relancée : le blanc, les découpes et le logotype aux deux cercles enlacés sont restés intacts.
Les repères de la maison Courrèges
- 1950 à 1961 : onze années d’apprentissage chez Balenciaga.
- 1961 : ouverture de la maison, 48 avenue Kléber, 16e.
- 1964 : la collection Moon Girl, bottes blanches et robes courtes.
- 1965 : ouverture d’une ligne de prêt-à-porter, Couture Future.
- 1985 : lancement d’une voiture électrique, la Zooop, bien avant l’heure.
L’avenue Kléber file de l’Étoile au Trocadéro, entre immeubles haussmanniens et ambassades : c’est là, dans un salon peint en blanc, que la mode a rompu avec le XIXe siècle. Le palais Galliera conserve les silhouettes de 1964, le musée Yves Saint Laurent est à cinq minutes, et l’adresse est épinglée sur notre carte de Paris.
La question n’est pas tranchée. André Courrèges présenta des robes très courtes dans sa collection Moon Girl de 1964, la même année où la Londonienne Mary Quant imposait la mini-jupe. Chacun l’a développée de son côté, sans se connaître.
Au 48 avenue Kléber, dans le 16e arrondissement de Paris, ouverte en 1961 avec Coqueline Barrière. Le salon entièrement blanc tranchait avec les intérieurs dorés des maisons de couture de l’époque.
Parce que sa collection Moon Girl de 1964 empruntait au vocabulaire de la conquête spatiale : blanc dominant, casques, lunettes à fentes, bottes à bout carré et matières synthétiques, en pleine course à la Lune.