Bibliothèque Sainte-Geneviève
10 place du Panthéon, 75005 Paris
Poussez la porte, montez l’escalier, et le souffle se coupe : une nef de 85 mètres couverte de deux voûtes de fonte à claire-voie, portées par une file de colonnettes de fer, sous un plafond qui semble flotter. La bibliothèque Sainte-Geneviève, achevée en 1851 par Henri Labrouste, est le premier bâtiment public parisien à assumer le métal comme architecture, et l’un des plus beaux lieux de lecture du monde.
Où se trouve la bibliothèque Sainte-Geneviève ? Repères sur le plan de Paris
Au 10 place du Panthéon, 5e arrondissement, face au Panthéon, métro Cardinal Lemoine (10) ou RER Luxembourg ; Saint-Étienne-du-Mont est à cent mètres. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : héritière des moines, mère des bibliothèques modernes
Le fonds descend en droite ligne de l’abbaye Sainte-Geneviève, dont les manuscrits furent sauvés à la Révolution. Quand la Ville confie à Labrouste un bâtiment neuf, l’architecte invente presque tout : une façade-catalogue où sont gravés 810 noms d’auteurs, de Moïse à Berzelius, annonçant le contenu comme une table des matières de pierre ; un rez-de-chaussée de magasins voûtés ; et surtout cette salle haute où la structure ne se cache plus. Innovation décisive : l’éclairage au gaz permet d’ouvrir le soir, révolution pour les étudiants pauvres du quartier Latin, qui travaillaient le jour. La « Sainte-Gen’ » n’a jamais cessé d’être leur refuge, deux millions d’imprimés plus tard.
Que voir ?
- La grande salle de lecture et ses arcs de fonte ajourés : le clou absolu de la visite.
- La façade et ses 810 noms gravés, à lire comme un index du savoir universel.
- Le vestibule aux plâtres antiques et l’escalier monumental.
- La réserve et ses manuscrits, montrés lors d’expositions ponctuelles.
Modalités et infos pratiques
- Accès : réservé aux lecteurs inscrits (étudiants dès la licence, chercheurs) ; consultation sur place, pas de prêt.
- Visites : journées du patrimoine et visites guidées ponctuelles, très demandées.
- Site : bsg.univ-paris1.fr.
Petites histoires et grandes anecdotes
Labrouste plaça au centre de sa façade les noms qu’il jugeait fondateurs, et laissa des cases vides pour les génies à venir : elles attendent toujours. Les étudiants surnomment l’attente devant la porte « la queue de la Sainte-Gen’ », rite de passage du quartier Latin depuis un siècle et demi. Et la salle a servi de décor à plusieurs films, dont des scènes de Ratatouille dessinées d’après elle : les animateurs de Pixar étaient venus croquer la nef pour composer le Paris rêvé du film.
Nos conseils pour la visite
Sans carte de lecteur, guettez les journées du patrimoine, seule occasion de voir la nef illuminée. Sinon, la façade se déchiffre librement depuis la place : cherchez-y vos auteurs préférés. Prolongez par le Panthéon en face, puis descendez vers Shakespeare and Company : le quartier des livres se traverse en dix minutes.
L’accès quotidien est réservé aux lecteurs inscrits (étudiants à partir de la licence, chercheurs). Le grand public peut la découvrir lors des Journées européennes du patrimoine ou de visites guidées ponctuelles, très prisées.
Henri Labrouste, entre 1843 et 1851 : sa salle de lecture couverte de deux voûtes de fonte portées par des colonnettes de fer fut la première architecture métallique assumée d’un bâtiment public parisien, modèle pour toutes les bibliothèques du monde.
810 noms d’auteurs, de Moïse aux savants du XIXe siècle, gravés comme un catalogue de pierre annonçant les collections. Labrouste avait prévu des espaces libres pour les grands noms à venir.