Il n’y a rien de comparable dans Paris. Au 29 avenue Rapp, Jules Lavirotte a couvert en 1901 une façade entière de grès flammés d’Alexandre Bigot : lézards, bœufs, femmes-fleurs, feuillages et volutes grimpent du trottoir jusqu’au toit, autour d’une porte monumentale devenue la plus photographiée de la capitale. La Ville lui décerna le prix du concours de façades l’année même : l’audace, pour une fois, fut récompensée sur-le-champ.
Où se trouve l’immeuble Lavirotte ? Repères sur le plan de Paris
Au 29 avenue Rapp, 7e arrondissement, métro Alma-Marceau (9) ou Pont de l’Alma (RER C), à cent mètres du 3 square Rapp et dix minutes de la tour Eiffel. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : le duo Lavirotte et Bigot
Bigot, physicien devenu céramiste après avoir découvert les grès chinois à l’Exposition de 1889, cherchait un architecte pour montrer ce que sa matière savait faire ; Lavirotte cherchait un matériau à la mesure de son imagination. Le 29 avenue Rapp est leur manifeste commun : la céramique n’y décore pas la façade, elle la constitue, du soubassement aux lucarnes. Le vocabulaire est celui de la nature, mais tordu, fiévreux, presque inquiet : c’est l’Art nouveau à son point d’incandescence, deux ans avant qu’il ne commence à passer de mode. Classé monument historique en 1964, l’immeuble a été restauré à plusieurs reprises, chaque grès recollé un à un.
Que voir ?
- La porte et son foisonnement : couple sculpté, lézards, feuillages et un décor central très commenté.
- Les grès flammés de Bigot sur toute la hauteur, changeants selon la lumière.
- Les balcons de fer forgé et les lucarnes ouvragées, souvent oubliés des photographes.
- La signature de l’architecte et du céramiste, gravée en bas de façade.
Modalités et infos pratiques
- Accès : immeuble privé, façade visible depuis l’avenue à toute heure.
- Métro : Alma-Marceau (9), École Militaire (8), RER C Pont de l’Alma.
- Photo : l’avenue est large, reculez sur le trottoir d’en face pour l’ensemble.
Petites histoires et grandes anecdotes
Les Parisiens s’amusent depuis un siècle à débusquer dans le décor de la porte des symboles plus ou moins avouables : la légende veut que Lavirotte y ait glissé une allusion espiègle, ce que ni l’architecte ni ses descendants n’ont jamais confirmé. Le modèle féminin sculpté serait, dit-on, l’épouse de Lavirotte. Quant au bestiaire, il obéit à une logique de conte : bœufs pour la force, lézards pour la métamorphose, fleurs pour l’éphémère, sur une matière née du feu.
Nos conseils pour la visite
Approchez d’abord pour la porte, puis reculez pour la façade entière : les deux échelles racontent deux immeubles différents. Enchaînez avec le 3 square Rapp, la maison de l’architecte, puis la salamandre de la rue de Grenelle : le triangle Lavirotte se parcourt en vingt minutes.
Pour sa façade entièrement revêtue de grès flammés d’Alexandre Bigot et sa porte monumentale au décor foisonnant, primées au concours de façades de la Ville de Paris en 1901. C’est l’un des sommets de l’Art nouveau parisien, classé monument historique.
L’architecte Jules Lavirotte, en 1900-1901, avec le céramiste Alexandre Bigot dont les grès flammés couvrent toute la façade. Les deux hommes signèrent ensemble plusieurs immeubles du 7e arrondissement.
Non, c’est un immeuble d’habitation privé : la façade et la porte se contemplent depuis l’avenue Rapp, librement, à toute heure.