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SECRET PARISIEN

Paris, le lundi 7 septembre 2026

1er Arrt
rueJean-Jacques Rousseau
Passages couverts 1er arrondissement

La galerie Véro-Dodat

19 rue Jean-Jacques Rousseau, 75001 Paris

La galerie Véro-Dodat à Paris, son damier de marbre et sa verrière
Photo : Maria Eklind, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

La galerie Véro-Dodat porte le nom de ses deux propriétaires, et ce sont deux charcutiers. En 1826, Benoît Véro et son associé Dodat, enrichis par le commerce de la salaison, investissent leur fortune dans une galerie reliant la rue du Bouloi à la rue Jean-Jacques Rousseau, exactement sur l’axe entre le Palais-Royal et les Halles, alors le trajet le plus fréquenté de Paris.

Le décor est d’un raffinement rare : colonnes à chapiteaux de cuivre, boiseries d’acajou, glaces sans tain qui démultiplient l’espace, plafonds peints entre les poutrelles, globes de lumière. Et surtout un dallage de marbre noir et blanc posé en damier diagonal, dont la perspective creuse artificiellement la galerie et donne l’illusion qu’elle est deux fois plus longue.

Où se trouve la galerie Véro-Dodat

Elle s’ouvre au 19 rue Jean-Jacques Rousseau, dans le 1er arrondissement, et débouche au 2 rue du Bouloi. C’est l’une des rares galeries de la rive droite à ne pas se trouver dans le 2e, et la seule à toucher presque le Louvre. Elle est épinglée sur notre carte de Paris.

Rachel, la tragédienne du numéro 38

La galerie fut un temps le lieu le plus couru du quartier, parce qu’elle abritait le bureau des Messageries Laffitte et Gaillard, dont les diligences partaient pour toute la France. Elle eut aussi ses habitants célèbres : la tragédienne Rachel, gloire de la Comédie-Française, y vécut de 1838 à 1842 dans un appartement au-dessus des boutiques, et l’on venait la guetter sous la verrière. Le poète Alfred de Musset fut de ceux-là.

Ce qu’il faut regarder en passant

  • Le dallage de marbre noir et blanc, posé en damier diagonal.
  • Les colonnes à chapiteaux de cuivre et les boiseries d’acajou.
  • Les plafonds peints entre les poutrelles, à motifs de paysages.
  • La première boutique de Christian Louboutin, ouverte ici en 1991.
  • Les luthiers, restaurateurs de meubles et galeries d’art installés sous la verrière.

Y aller et la visiter

  • Entrées : 19 rue Jean-Jacques Rousseau et 2 rue du Bouloi, 1er.
  • Ouverte du lundi au samedi, environ de 7 h à 22 h ; accès libre.
  • Métro Louvre, Rivoli ou Palais-Royal, Musée du Louvre.
  • Inscrite au titre des monuments historiques depuis 1965.

Sortez rue du Bouloi et gagnez le Palais-Royal, puis la galerie Vivienne : trois lieux couverts en quinze minutes, sans jamais prendre la pluie.

Qui a construit la galerie Véro-Dodat ?

Deux charcutiers parisiens, Benoît Véro et son associé Dodat, qui investirent en 1826 la fortune tirée de leur commerce de salaison dans cette galerie reliant le Palais-Royal aux Halles.

Pourquoi le sol de la galerie Véro-Dodat est-il en damier ?

Les dalles de marbre noir et blanc sont posées en damier diagonal, ce qui crée une illusion de profondeur et fait paraître la galerie plus longue qu’elle ne l’est.

Qui a habité la galerie Véro-Dodat ?

La tragédienne Rachel, gloire de la Comédie-Française, y occupa un appartement au-dessus des boutiques de 1838 à 1842. La galerie abrite depuis 1991 la première boutique de Christian Louboutin.