La porte du 151 rue de Grenelle
151 rue de Grenelle, 75007 Paris
La plus belle poignée de Paris est peut-être ici. Au 151 rue de Grenelle, Jules Lavirotte a signé en 1902 un immeuble dont la porte se prend, littéralement, à bras-le-corps : sur le vantail se love une salamandre de bronze qui sert de poignée, tandis que grès flammés, tiges de nénuphars et femmes-fleurs escaladent l’encadrement. L’Art nouveau y devient tactile, et le passant, sans y penser, serre la main d’un animal.
Où se trouve le 151 rue de Grenelle ? Repères sur le plan de Paris
Au 151 rue de Grenelle, 7e arrondissement, métro La Tour-Maubourg (8) ou École Militaire, à cinq minutes des Invalides et dix de l’immeuble Lavirotte de l’avenue Rapp. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : Lavirotte et le céramiste Bigot
Lavirotte doit tout, ou presque, à une rencontre : celle du céramiste Alexandre Bigot, inventeur de grès flammés capables de résister au gel parisien. Ensemble, ils couvrent les façades du 7e arrondissement d’une flore et d’une faune inouïes, à un moment où l’immeuble de rapport haussmannien règne sans partage. Le concours de façades de la Ville de Paris, créé en 1898, récompense cette audace : Lavirotte est primé en 1901, 1905 et 1907, palmarès unique. Ici, il joue la retenue : la façade reste sage, et toute l’invention se concentre sur la porte, ses ferronneries et son bestiaire discret. Un immeuble se lit parfois à hauteur de main.
Que voir ?
- La salamandre de bronze en guise de poignée, patinée par un siècle de mains.
- Les grès flammés d’Alexandre Bigot autour de l’entrée, verts et bruns selon la lumière.
- Les ferronneries des balcons, tiges souples et bourgeons.
- Le contraste avec les immeubles haussmanniens voisins, à trois numéros de là.
Modalités et infos pratiques
- Accès : façade et porte visibles depuis la rue en permanence ; immeuble privé.
- Métro : La Tour-Maubourg (8), École Militaire (8).
- Photo : le matin, la rue de Grenelle prend la lumière d’est en ouest.
Petites histoires et grandes anecdotes
La salamandre n’est pas un caprice : symbole de résistance au feu depuis François Ier, elle salue ici le grès flammé, matière née du four. Lavirotte, natif de Lyon, mourut en 1929 dans une relative indifférence, l’Art nouveau étant alors passé de mode ; il fallut attendre les années 1960 pour que ses immeubles soient regardés à nouveau, et classés. Les habitants du 151 racontent que des visiteurs sonnent parfois, simplement pour demander à toucher la poignée.
Nos conseils pour la visite
Faites le circuit Lavirotte à pied : commencez ici, remontez vers le 3 square Rapp et terminez devant l’immeuble de l’avenue Rapp, le plus spectaculaire. Vingt minutes de marche, trois chefs-d’œuvre, et la tour Eiffel au bout de la rue.
Sa poignée en forme de salamandre de bronze, lovée sur le vantail, et son encadrement de grès flammés d’Alexandre Bigot : Jules Lavirotte y a concentré toute l’invention Art nouveau sur l’entrée, laissant la façade plus sobre.
Un architecte lyonnais installé à Paris, figure majeure de l’Art nouveau, primé trois fois au concours de façades de la Ville de Paris (1901, 1905, 1907). Il travaillait avec le céramiste Alexandre Bigot, inventeur des grès flammés.
Non, c’est un immeuble d’habitation privé : la porte, ses ferronneries et les grès de la façade se contemplent depuis le trottoir, à toute heure.