Sur la place des Ternes, entre fleuristes et kiosques, La Lorraine tient depuis 1919 le rôle du paquebot amiral des fruits de mer. Née au lendemain de la Grande Guerre avec un nom en forme d’hommage aux provinces retrouvées, la brasserie a bâti sa légende sur son banc d’écailler : montagnes de glace pilée, bourriches ouvertes à la volée, plateaux « royaux » portés en procession à travers la grande salle Art déco. Le Tout-Paris d’affaires et de spectacle en a fait sa cantine d’huîtres ; les habitués viennent encore « aux Ternes » comme on va au marché, la nappe en plus.
Où se trouve La Lorraine ? Repères sur le plan de Paris
2 place des Ternes, 8e, métro Ternes (2). Le musée Jacquemart-André est à sept minutes, l’Arc de triomphe à dix par l’avenue de Wagram. Épingle sur notre carte de Paris.
Une histoire : un siècle au rythme des marées
La place des Ternes fut longtemps une porte de Paris où arrivaient les mareyeurs de l’Ouest : la brasserie s’y installa au plus près de la ressource, et son écailler devint une institution au point que des générations de chefs y firent leurs classes d’ouverture d’huîtres. Rénovée à plusieurs reprises sans perdre ses lignes de paquebot (laiton, banquettes, verrières), La Lorraine a nourri un siècle de réveillons parisiens ; ses plateaux du 24 décembre se commandent comme des places d’opéra, et le ballet des écaillers sur le trottoir, couteau en main par tous les temps, reste l’un des spectacles gratuits du 8e.
La table : les spécialités maison
- Le plateau royal : huîtres, langoustines, tourteau, bulots et demi-homard sur glace.
- Les huîtres à la douzaine, de Normandie à Marennes, ouvertes à la commande.
- La sole meunière et le homard entier, classiques de la maison.
- Le baba au rhum, tradition d’après-marée.
Modalités et infos pratiques
- Adresse : 2 place des Ternes, 75008 Paris.
- Ouvert tous les jours, service continu, réservation conseillée le week-end et les fêtes, brasserielalorraine.com.
- Budget : brasserie de gamme supérieure ; la douzaine au comptoir reste un plaisir raisonnable.
Petites histoires et grandes anecdotes
Les écaillers de La Lorraine ont leurs records maison, des centaines d’huîtres à l’heure les soirs de réveillon, et leur superstition : la première bourriche de la saison s’ouvre face à la place, « pour saluer les Ternes ». La légende du quartier veut qu’un soir de décembre, un célèbre acteur ait acheté le banc entier pour fêter un césar, invitant les passants à la douzaine : la maison confirme l’esprit, sinon les chiffres.
Nos conseils pour la visite
L’hiver est sa vraie saison : plateau royal, muscadet et buée aux vitres. Hors saison d’huîtres, la sole tient le rang. Complétez en flânant vers le parc Monceau et le Jacquemart-André, ou remontez l’avenue de Wagram jusqu’à l’Étoile : la marée digère très bien en marchant.
Les fruits de mer : son banc d’écailler est l’un des plus réputés de Paris depuis 1919, plateaux royaux et huîtres ouvertes à la commande en vedette.
Un hommage patriote de 1919 : la brasserie ouvrit au lendemain de la victoire, quand l’Alsace et la Lorraine revenaient à la France ; le nom célébrait les provinces retrouvées.
Oui, midi et soir sans interruption, tous les jours : une souplesse précieuse dans le quartier de l’Étoile, notamment pour les plateaux de l’après-spectacle.