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SECRET PARISIEN

Paris, le samedi 19 septembre 2026

2e Arrt
rueSaint-Denis
Passages couverts 2e arrondissement

Le passage Basfour

176 rue Saint-Denis, 75002 Paris

Le passage Basfour, couloir dallé entre la rue Saint-Denis et la rue de Palestro
Louis H. G., CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Soixante mètres de couloir dallé entre la rue Saint-Denis et la rue de Palestro, à deux pas de son jumeau de la Trinité. Le passage Basfour ne paie pas de mine, et c’est pourtant l’un des plus vieux passages de Paris : les archives de l’abbaye Saint-Martin-des-Champs le mentionnent dès 1374, sous le nom savoureux de ruelle Sans Chef, dite Bas Fours.

Des fours à plâtre au cimetière des huguenots

Le nom garde la trace du travail : la ruelle, d’abord en cul-de-sac, aboutissait aux fours de la plâtrière de la Croix-Verte. En 1224, l’hôpital de la Trinité voisin acquiert le terrain pour en faire son cimetière. Trois siècles plus tard, ce cimetière de la Trinité joue un rôle singulier : au titre des édits de pacification, l’article six de l’édit de Beaulieu de 1576 notamment, il sert aux inhumations protestantes, à une époque où mourir huguenot à Paris posait la question du sol autant que du ciel.

Le second Empire crut en finir : un décret du 29 septembre 1854 prononça la suppression du passage pour le percement du boulevard de Sébastopol. La sentence ne fut jamais exécutée, la nomenclature officielle des voies le note expressément. Le boulevard passa à côté, et la ruelle condamnée continua son service.

Ce qu’il faut voir dans le passage Basfour

  • Le dallage en écailles et les lanternes, décor minimal et juste.
  • Le gabarit médiéval, deux mètres cinquante, hérité de la ruelle de 1374.
  • Les débouchés sur deux mondes : la rue Saint-Denis populaire d’un côté, la rue de Palestro haussmannienne de l’autre.
  • L’absence de tout monument : le passage est le monument.

Y aller

Entrées au 176 rue Saint-Denis et au 25 rue de Palestro, dans le 2e arrondissement ; métro Réaumur-Sébastopol. Voie publique, libre à toute heure. La visite se combine avec le passage de la Trinité, mitoyen d’histoire et de trottoir, et le passage Sainte-Foy, trois cents mètres plus haut.

Le saviez-vous ?

Une ruelle sans chef n’est pas une ruelle anarchiste : c’est le vieux mot pour un cul-de-sac, une voie sans tête, sans issue. Celle-ci a fini par percer, gagnant sa sortie sur l’actuelle rue de Palestro, et par survivre à sa propre condamnation impériale. Sept siècles d’existence, un cimetière de huguenots, un décret de mort resté lettre morte : peu de rues de Paris peuvent aligner pareil état de service en soixante mètres.

Quel âge a le passage Basfour ?

Il est attesté dès 1374 dans les archives de l’abbaye Saint-Martin-des-Champs, sous le nom de ruelle Sans Chef dite Bas Fours. C’est l’un des plus anciens passages de Paris.

D’où vient le nom Basfour ?

Des fours de la plâtrière de la Croix-Verte, auxquels la ruelle aboutissait. Le terrain devint ensuite le cimetière de l’hôpital de la Trinité, utilisé pour les inhumations protestantes.

Le passage Basfour devait-il disparaître ?

Oui : un décret du 29 septembre 1854 prononça sa suppression pour le percement du boulevard de Sébastopol. La décision ne fut jamais exécutée, et le passage est toujours là.

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