Il commence rue Dauphine, se casse deux fois en équerre et ressort rue Mazarine, quatre-vingt-dix mètres plus loin. Le passage Dauphine est le plus campagnard des raccourcis de la rive gauche : pavés, figuier, salon de thé, une ferronnerie d’art. Et sous cette aimable surface, un monument enterré : une tour de l’enceinte de Philippe Auguste.
De la maison de jeux à la salle de classe
Le passage ouvre en 1825 sur les vestiges d’une ancienne maison de jeux dont le jardin descendait jusqu’à la rue Mazarine ; le nom vient de la rue Dauphine voisine, percée en 1607 en l’honneur du fils d’Henri IV. Au vingtième siècle, les numéros 20 à 24 abritèrent de 1909 à 1962 l’École française de stomatologie ; aujourd’hui, des instituts de langues occupent une bonne part des bâtiments.
Le sous-sol réserve la surprise : en 1973, le chantier du parking met au jour des fragments de l’enceinte de Philippe Auguste, élevée vers 1200. Dans l’amphithéâtre en sous-sol du numéro 13, occupé par une école de langues, un pan de muraille et une tour tiennent lieu de mur du fond. On conjugue des verbes contre huit siècles de pierre.
Ce qu’il faut voir dans le passage Dauphine
- Le tracé en zigzag, mémoire des parcelles qu’il a fallu contourner en 1825.
- Le figuier et la treille, qui donnent au passage son air de cour de province.
- Le salon de thé et la ferronnerie d’art, commerces à l’ancienne dans leur jus.
- La plaque et les fenêtres du numéro 13, au-dessus de la muraille invisible.
Y aller
Entrées au 30 rue Dauphine et au 27 rue Mazarine, dans le 6e arrondissement ; métro Odéon. Voie privée ouverte à la promenade en journée. Tout le vieux quartier se donne à pied : la cour du Commerce-Saint-André à cinq minutes, la place Dauphine de l’autre côté du Pont-Neuf.
Le saviez-vous ?
La frontière du Paris de 1200 passe très exactement sous le passage : côté rue Dauphine, on était dans la ville close ; côté Mazarine, dans les faubourgs. Les étudiants de l’amphithéâtre du numéro 13 font donc leurs exercices à cheval sur la limite du royaume urbain de Philippe Auguste, sans que rien, en surface, ne le signale. Les plus belles frontières de Paris sont celles qu’on traverse en cherchant un salon de thé.
Des fragments de l’enceinte de Philippe Auguste, mis au jour en 1973 lors du chantier du parking : un pan de muraille et une tour sont visibles dans l’amphithéâtre en sous-sol du numéro 13.
En 1825, sur les vestiges d’une ancienne maison de jeux dont le jardin s’étendait jusqu’à la rue Mazarine. Son nom vient de la rue Dauphine, percée en 1607.
Oui, cette voie privée s’ouvre à la promenade en journée, entre le 30 rue Dauphine et le 27 rue Mazarine. La fermeture nocturne reste à la discrétion des riverains.
Le carnet continue
Passages couverts
Le passage du Grand-Cerf
2e arrondissement
Le passage Choiseul
2e arrondissement
Le passage Brady
10e arrondissement
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3e arrondissement
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2e arrondissement