Le passage du Chantier
66 rue du Faubourg-Saint-Antoine, 75012 Paris
On y entre par un porche du faubourg Saint-Antoine, et le dix-neuvième siècle vous tombe dessus avec ses pavés. Le passage du Chantier aligne sur cent vingt mètres ses devantures de marchands de meubles, ses enseignes peintes, ses ateliers d’arrière-cour : la dernière rue-village du faubourg qui meubla la France.
Le faubourg du bois
Le nom dit l’origine : un chantier de bois à brûler occupait le terrain, c’est la nomenclature officielle des voies qui le rappelle. Le passage ouvre en 1842, en plein âge d’or d’un quartier qui, dès 1700, comptait environ cinq cents menuisiers et quatre cents ébénistes, privilège du faubourg oblige. Classé dans la voirie parisienne par arrêté du 9 février 1995, il reste la vitrine de ce monde : tapissiers, restaurateurs de sièges et marchands s’y succèdent, même si les artisans d’arrière-boutique se raréfient d’année en année.
L’histoire s’y est aussi fâchée : en 1848, la fonderie de serrurerie du numéro dix se transforma en fabrique clandestine de munitions pour la révolution. Le faubourg n’a jamais su faire que des meubles.
Ce qu’il faut voir dans le passage du Chantier
- Les enseignes peintes et les devantures anciennes, un musée de la réclame à ciel ouvert.
- Le pavage d’origine, qui donne au passage sa sonorité de village.
- Les vitrines de sièges, de lustres et de marqueterie, héritières directes du meuble d’art du faubourg.
- Le porche d’entrée sur le faubourg Saint-Antoine, frontière nette entre le boulevard et le passage.
Y aller
Entrées au 66 rue du Faubourg-Saint-Antoine et au 53 rue de Charenton, dans le 12e arrondissement ; métro Ledru-Rollin ou Bastille. Le passage se parcourt librement en journée, quand les boutiques vivent. Le faubourg se prolonge naturellement vers la place de la Bastille, et les couverts du centre ne sont qu’à un quart d’heure : le passage du Grand-Cerf ou, pour la flânerie des grands boulevards, le passage Jouffroy.
Le saviez-vous ?
Une légende tenace fait de Marie-Antoinette une cliente du passage, qui se serait fournie chez l’ébéniste Adam Weisweiler. La chronologie exécute la jolie histoire : la reine meurt en 1793, le passage ouvre en 1842. Un demi-siècle les sépare. Weisweiler, lui, travaillait bel et bien pour la Cour, mais depuis son atelier du faubourg, pas dans une allée percée cinquante ans après la Révolution. La reine reste une excellente enseigne, et une très mauvaise référence de bail.
D’un chantier de bois à brûler installé sur le terrain avant le percement de 1842, comme le rappelle la nomenclature officielle des voies de Paris.
Des marchands de meubles, des tapissiers et des restaurateurs de sièges, héritiers du faubourg Saint-Antoine qui comptait vers 1700 environ cinq cents menuisiers et quatre cents ébénistes.
Non, c’est une légende : la reine meurt en 1793 et le passage n’ouvre qu’en 1842. L’ébéniste Weisweiler fournissait la Cour depuis son atelier du faubourg, pas depuis le passage.
Le carnet continue
Passages couverts
Le passage Ben-Aïad
2e arrondissement
Le passage Vendôme
3e arrondissement
La galerie Argentine
16e arrondissement
Le passage Sainte-Foy
2e arrondissement
Le passage du Caire
2e arrondissement
Le passage d’Enfer
14e arrondissement
Le passage de l’Ancre
3e arrondissement
Le passage Jouffroy
9e arrondissement