Le Grand Salon du Hilton Paris Opéra
108 rue Saint-Lazare, 75008 Paris
C’est le seul bar de cette sélection dont le volume soit protégé par arrêté. Le Grand Salon du Hilton Paris Opéra, au 108 rue Saint-Lazare dans le 8e arrondissement, occupe le salon d’entrée d’un hôtel de gare de 1889, sous un plafond à caissons de style Second Empire, entre miroirs, bronzes et lustres de cristal.
Le Grand Salon, inscrit et non classé
La distinction n’est pas une chicane de vocabulaire, et la maison elle-même se trompe : plusieurs pages promotionnelles écrivent que le salon est classé monument historique. Il est inscrit, ce qui est le degré inférieur de protection, par deux arrêtés, l’un du 14 décembre 1979, l’autre du 28 décembre 1984.
La bonne nouvelle est que la protection est nominative : la notice officielle cite les façades et toitures, le vestibule et le grand salon d’entrée avec leur décor intérieur de l’hôtel Terminus-Saint-Lazare. Autrement dit, le lieu où l’on boit est protégé au même titre que la salle des pas perdus de la gare, et par la même notice, puisque l’hôtel n’en a pas de propre.
Quinze mois de chantier pour l’Exposition universelle
Le bâtiment a été construit par la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, celle qui reliait Paris à la Normandie et à ses ports transatlantiques, sur l’emplacement d’une impasse supprimée pour l’occasion. Son architecte est Juste Lisch, né à Alençon le 10 juin 1828, mort à Paris le 24 août 1910, qui venait d’achever la reconstruction de la gare Saint-Lazare voisine.
- Quinze mois de chantier, et une inauguration le 7 mai 1889, pour l’Exposition universelle.
- Le décor du hall, peintures et sculptures, est de Charles Joseph Lameire, né à Paris en 1832 et mort en 1910.
- L’hôtel est équipé dès l’origine de l’électricité et du téléphone, et meublé par les Grands Magasins du Louvre.
- Une passerelle couverte de dix-huit mètres, dite de l’Impératrice, permettait de venir de la gare sans traverser la rue : elle a été condamnée, puis transformée en restaurant.
- Le rez-de-chaussée a été réaménagé en 1934 et 1935 par Henri Pacon, architecte des chemins de fer de l’État.
- Le foyer a été restauré en 1989 pour le centenaire de la maison.
Quatre noms en cent trente-sept ans
L’établissement a changé d’enseigne au rythme des groupes hôteliers. Grand Hôtel Terminus à partir de 1889, du nom de sa position devant la façade de la gare Saint-Lazare. Concorde Saint-Lazare en 1972. Concorde Opéra Paris en 2009. Et Hilton Paris Opéra depuis janvier 2015, après un rachat par un fonds américain fin 2013.
Une précision s’impose pour qui lirait des brochures. Le café du rez-de-chaussée, sur rue, et le Grand Salon ne sont pas le même endroit. Ce café fut, dans les années 1950, un établissement à la mode où deux lycéens du quartier venaient boire des laits frappés, l’un futur Johnny Hallyday, l’autre futur Long Chris. Plusieurs pages attribuent cette histoire au salon d’entrée : c’est un amalgame.
Le saviez-vous ? Un hôtel plus vieux que sa gare
Presque, du moins. La gare Saint-Lazare actuelle a été reconstruite entre 1885 et 1888 par le même architecte, et achevée un mois avant l’hôtel. Les deux bâtiments forment donc un seul programme, pensé ensemble, et c’est pourquoi la notice de protection les traite comme un ensemble, avec deux maîtres d’œuvre à cent ans d’écart, l’ingénieur Eugène Flachat pour la gare de 1853, Juste Lisch pour celle de 1889.
La rue Saint-Lazare, elle, est à cheval sur le 8e et le 9e arrondissement, et le numéro 108 relève bien du 8e, quartier de l’Europe. Le quartier de la gare a gardé de cette époque son allure de ville dans la ville, avec ses hôtels de voyageurs et ses cafés de correspondance, dont le Mollard reste le plus spectaculaire.
Il est inscrit, ce qui est le degré inférieur de protection, par arrêtés des 14 décembre 1979 et 28 décembre 1984. La notice officielle protège nommément le vestibule et le grand salon d’entrée avec leur décor intérieur. Plusieurs pages promotionnelles écrivent classé : c’est inexact.
Du lundi au vendredi de 9 heures à minuit, le samedi de 11 heures à minuit, le dimanche de 11 heures à 23 heures. Ouvert sept jours sur sept, d’après l’hôtel lui-même.
Juste Lisch, né à Alençon en 1828 et mort à Paris en 1910, également architecte de la gare Saint-Lazare voisine. L’hôtel a été bâti en quinze mois pour la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest et inauguré le 7 mai 1889.
Le carnet continue
Bars
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Le Syndicat
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Le bar bibliothèque du Saint James
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Le Charles, au Burgundy
1er arrondissement