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SECRET PARISIEN

Paris, le jeudi 17 septembre 2026

3e Arrt
rueCharlot
Bars 3e arrondissement

Little Red Door

60 rue Charlot, 75003 Paris

Un mur de la rue Charlot couvert d'affiches sérigraphiées, sous la plaque de la rue
Very Quiet, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

La façade est anthracite, la porte est rouge, et il n’y a pas d’enseigne. C’est tout le secret du Little Red Door, ouvert depuis 2012 au 60 rue Charlot, dans le 3e arrondissement. On pousse la porte, elle s’ouvre, personne ne demande de mot de passe. Le bar caché le plus célèbre de Paris n’est pas caché.

Le Little Red Door et le chiffre que tout le monde recopie

On lit partout qu’il a figuré neuf fois au classement mondial des bars. Le décompte, année par année, en donne dix, et consécutives : de 2014 à 2023. Les rangs eux-mêmes racontent une trajectoire, avec une remontée spectaculaire à la fin, un cinquième rang mondial en 2022 et un sixième en 2023.

  • 2016, vingt-quatrième.
  • 2017, onzième.
  • 2018, trente-troisième.
  • 2019, trente-sixième, puis 2020, vingt-quatrième.
  • 2021, vingt-neuvième.
  • 2022, cinquième, et 2023, sixième.
  • 2024, cinquante-neuvième, donc hors des cinquante premiers, et absent du classement depuis.

Cette sortie, aucune des listes qui célèbrent le bar ne la mentionne. Elle n’enlève rien à ce qui s’y boit, mais elle change le sens de la phrase : un palmarès se conjugue au passé quand il appartient au passé.

Une reprise en 2024, un décor neuf en 2026

Le bar a été fondé par Timothée Prangé et Dotan Shalev, sur un principe qu’on appellerait aujourd’hui de la ferme au verre : des produits français, connus ou confidentiels. Le 1er juillet 2024, une autre équipe a pris les commandes, celle d’Hugo Gallouët et Hyacinthe Lescoët, déjà propriétaires du Cambridge Public House.

Ils ont gardé le principe et changé le reste. En septembre 2025 est arrivée une carte de onze cocktails inspirés de pratiques agricoles, permaculture, aquaponie, agroforesterie. Puis, en janvier 2026, le décor a été entièrement refait : les murs de brique, les bougies et le mobilier rapporté de Londres qui faisaient sa réputation appartiennent désormais à l’histoire du lieu.

Une rue qui a changé trois fois de nom

La rue Charlot déroule six cent cinquante-deux mètres sur dix de large, entre les Archives et les Enfants-Rouges. Elle a porté, selon les tronçons, les noms de rue d’Orléans, rue d’Orléans au Marais et rue de Berry, et s’est appelée primitivement rue d’Angoumois. Le numéro 60 n’est pas protégé au titre des monuments historiques, mais il se trouve dans le secteur sauvegardé du Marais, ce qui encadre toute intervention sur les façades.

Le quartier a fait de ce bout de rue un de ses axes, entre le marché des Enfants-Rouges et le musée Carnavalet. C’est une géographie de soirée autant que de promenade, et la porte rouge en est devenue un repère, précisément parce qu’elle ne dit pas son nom.

Le saviez-vous ? Les trois Parisiens du classement

Puisque le Little Red Door n’y figure plus, autant dire qui a pris sa place. Le classement mondial de 2025 compte trois bars parisiens : Bar Nouveau, dix-septième, Cambridge Public House, vingtième, et Danico, trentième. Le deuxième appartient précisément aux repreneurs du Little Red Door.

Autrement dit, la maison n’a pas quitté le palmarès, elle a changé d’adresse dedans. C’est une façon de continuité que les classements, qui ne suivent que des enseignes, ne savent pas montrer. Pour un comptoir de la même génération, le Ritz Bar tient, lui, un tout autre registre.

Le Little Red Door est-il un bar caché ?

Pas au sens strict. La porte rouge donne sur la rue Charlot et s’ouvre sans mot de passe. Ce qui manque, c’est l’enseigne : la façade anthracite ne porte aucun nom, et c’est de là que vient la légende du bar secret.

Combien de fois a-t-il figuré au classement mondial des bars ?

Dix années consécutives dans les cinquante premiers, de 2014 à 2023, avec un cinquième rang mondial en 2022 et un sixième en 2023. Le chiffre de neuf, souvent repris, est inexact. Le bar est sorti du classement en 2024, à la cinquante-neuvième place, et n’y figure plus depuis.

Qui tient le bar aujourd’hui ?

Hugo Gallouët et Hyacinthe Lescoët, également propriétaires du Cambridge Public House, l’ont repris le 1er juillet 2024. Le décor a été entièrement refait en janvier 2026.

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