L’hôtel de Beauvais
68 rue François-Miron, 75004 Paris
Le 26 août 1660, tout ce que la Cour compte d’illustre se presse à un balcon de la rue François-Miron : Anne d’Autriche, Mazarin, Turenne, pour voir entrer dans Paris Louis XIV et sa jeune épouse Marie-Thérèse. Le balcon n’appartient ni à un prince ni à un ministre : l’hôtel de Beauvais est la maison de Catherine Bellier, première femme de chambre de la reine mère. La domesticité recevait la Cour, et la Cour est venue.
Le chef-d’œuvre de Cateau la Borgnesse
Catherine Bellier, dite Cateau la Borgnesse, et son mari Pierre de Beauvais obtiennent le terrain et font bâtir de 1654 à 1660 par Antoine Le Pautre, premier architecte du roi. Sur une parcelle impossible, biscornue, Le Pautre invente un plan virtuose : cour ovale, vestibule à colonnes, escalier suspendu. La tradition des mémorialistes prête à Cateau un rôle très particulier dans l’éducation du jeune Louis XIV ; l’anecdote se raconte au conditionnel depuis trois siècles, et la fiche la laisse au conditionnel. Ce qui est sûr : la faveur royale, l’argent, et ce balcon du 26 août 1660.
De novembre 1763 à avril 1764, l’ambassadeur de Bavière, locataire des lieux, héberge une famille de musiciens en tournée : Léopold Mozart et ses enfants, dont Wolfgang, sept ans, qui donne ses premiers concerts parisiens depuis cette adresse. Classé monument historique en 1966, racheté par la Ville en 1943, l’hôtel restauré accueille depuis 2003 la cour administrative d’appel de Paris.
Ce qu’il faut voir à l’hôtel de Beauvais
- Le balcon sur la rue François-Miron, celui d’Anne d’Autriche, au-dessus du portail à mascarons.
- Le portail et ses vantaux sculptés, l’un des plus nobles du Marais.
- En visite guidée, la cour ovale de Le Pautre, tour de force sur parcelle ingrate.
- La plaque discrète rappelant le séjour de Mozart enfant.
Y aller
Au 68 rue François-Miron, dans le 4e arrondissement ; métro Saint-Paul ou Hôtel de Ville. Le tribunal ne se visite pas librement : visites guidées régulières le mardi matin par des associations agréées, et Journées du patrimoine chaque septembre ; la façade et le balcon, eux, se voient à toute heure. La promenade continue vers l’hôtel de Sully et l’hôtel d’Aumont, à cinq minutes chacun.
Le saviez-vous ?
Le 26 août 1660, le protocole s’est inversé le temps d’un cortège : la reine mère au balcon d’une femme de chambre, le jeune roi défilant en contrebas. Les mémoires du temps y ont vu le symbole d’une faveur extravagante ; les historiens, un chef-d’œuvre d’ascension sociale. Catherine Bellier, anoblie, richissime, fit graver sa réussite dans la pierre du Marais par le premier architecte du royaume. Le balcon est toujours là, et la cour administrative d’appel juge aujourd’hui sous les fenêtres où la Cour, l’autre, applaudissait.
Catherine Bellier, première femme de chambre d’Anne d’Autriche, et son mari Pierre de Beauvais, entre 1654 et 1660, sur les plans d’Antoine Le Pautre, premier architecte du roi.
Anne d’Autriche, Mazarin et la Cour y assistèrent à l’entrée solennelle de Louis XIV et de Marie-Thérèse dans Paris, après la paix des Pyrénées et le mariage royal.
Il abrite la cour administrative d’appel de Paris : pas d’accès libre, mais des visites guidées régulières le mardi matin et des ouvertures aux Journées du patrimoine. Le balcon se voit depuis la rue.
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