L’hôtel de Sully
62 rue Saint-Antoine, 75004 Paris
Il suffit de pousser la porte cochère du 62 rue Saint-Antoine. L’hôtel de Sully est le seul grand hôtel du Marais dont la cour et le jardin s’ouvrent gratuitement tous les jours, de neuf heures à dix-neuf heures, avec en prime un passage discret vers la place des Vosges. Les sculptures des façades, les sphinges de la cour, l’orangerie : tout se donne au passant, et le passant, la plupart du temps, ne le sait pas.
Le financier, puis le vieux duc
Le chantier s’ouvre en 1624 pour le financier Mesme Gallet, joueur notoire que la tradition dit ruiné aux dés. Dix ans plus tard, en 1634, Maximilien de Béthune, duc de Sully, l’ancien ministre d’Henri IV, achète l’hôtel à soixante-quatorze ans et achève ses décors ; son petit-fils y ajoute l’aile ouest vers 1660. La maison garde le nom du vieux duc, qui venait y traverser sa gloire passée. Classé monument historique dès 1862, l’hôtel est acquis par l’État en 1944 et abrite depuis 1967 l’administration des monuments nationaux, avec une librairie ouverte sur la cour.
Ce qu’il faut voir à l’hôtel de Sully
- La cour d’honneur et ses reliefs sculptés, les Éléments et les Saisons, parmi les plus beaux décors Louis XIII de Paris.
- Le jardin et ses parterres de buis, face à l’orangerie.
- Le passage vers la place des Vosges, au fond à gauche du jardin : la plus élégante porte dérobée du Marais.
- La librairie du rez-de-chaussée, ouverte l’après-midi sauf le lundi.
Y aller
Au 62 rue Saint-Antoine, dans le 4e arrondissement ; métro Saint-Paul. Cour et jardin libres tous les jours, intérieurs réservés aux visites conférences. À deux minutes, l’hôtel de Beauvais et son balcon royal, et le Marais des musées, Carnavalet en tête.
Le saviez-vous ?
Début 1726, Voltaire dîne chez le duc de Sully, dont il est l’hôte régulier. On le fait appeler dans la rue : les gens du chevalier de Rohan-Chabot, avec qui il a eu un échange piquant au théâtre, le rouent de coups de bâton pendant que le chevalier regarde. Remonté, Voltaire demande réparation ; ses protecteurs, Sully compris, le lâchent, et c’est lui qu’on embastille. Libéré sous condition d’exil, il embarque pour l’Angleterre le 11 mai 1726. La bastonnade de la rue Saint-Antoine a ainsi offert aux Lettres françaises trois ans d’Angleterre, et les Lettres philosophiques qui en sortirent.
La cour et le jardin sont ouverts gratuitement tous les jours de neuf heures à dix-neuf heures, avec passage vers la place des Vosges. Les intérieurs ne se voient qu’en visite conférence.
Non : le chantier fut lancé en 1624 pour le financier Mesme Gallet. Sully acheta l’hôtel en 1634, à soixante-quatorze ans, et acheva les décors qui portent son nom.
Par la petite porte au fond du jardin, qui débouche sous les arcades du pavillon du Roi : le raccourci le plus élégant du Marais.
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