L’hôtel de Lamoignon
24 rue Pavée, 75004 Paris
Au fronton du portail, deux génies encadrent un cartouche : Hôtel de Lamoignon. En dessous, en lettres d’or : Bibliothèque historique de la Ville de Paris. L’hôtel de Lamoignon cumule les deux titres sans se froisser : le plus ancien des grands hôtels du Marais est devenu la maison où Paris range sa propre histoire, et l’on y entre librement, sur simple inscription gratuite.
La maison de Diane
Les premiers marchés de construction datent de 1559 et 1560, et la tradition attribue les fondations à Philibert de l’Orme, attribution que la fiche laisse au rang d’attribution. La vraie souveraine des lieux arrive en 1584 : Diane de France, duchesse d’Angoulême, fille légitimée d’Henri II, qui y tient sa maison jusqu’à sa mort en 1619. Le décor lui rend hommage à sa manière : croissants de lune, têtes de cerf, arcs et carquois semés sur les façades, tout le vocabulaire de Diane chasseresse pour une Diane de sang royal. Les Lamoignon, dynastie de magistrats, occupent ensuite l’hôtel jusqu’au milieu du dix-huitième siècle et y tiennent salon littéraire.
Alphonse Daudet y vécut à partir de 1867, le temps d’y écrire ses premiers succès ; les sources hésitent entre 1873 et 1876 pour son départ, et l’hôtel ne tranche pas. Classé monument historique en 1937, acquis par la Ville, il abrite depuis 1969 la Bibliothèque historique, la BHVP des habitués.
Ce qu’il faut voir à l’hôtel de Lamoignon
- Les pilastres colossaux des façades, une première à Paris à cette échelle.
- Les croissants et les attributs de chasse de Diane, à débusquer sur les frontons.
- La cour, accessible aux heures de la bibliothèque, et le jardin Lamoignon attenant côté rue des Francs-Bourgeois.
- La salle de lecture sous ses poutres peintes, l’une des plus belles de Paris, ouverte à qui s’inscrit.
Y aller
Au 24 rue Pavée, dans le 4e arrondissement ; métro Saint-Paul. Bibliothèque ouverte du lundi au samedi, de dix heures à dix-huit heures, inscription gratuite sur pièce d’identité. Le musée Carnavalet fait face, l’hôtel d’Albret est à trois rues : le Marais des hôtels se lit d’un seul quadrilatère.
Le saviez-vous ?
Diane de France fut probablement la femme la plus puissante à n’avoir jamais régné : fille légitimée d’Henri II, tante d’Henri III, respectée d’Henri IV, elle traversa les guerres de Religion en négociatrice écoutée de tous les camps. Sa maison du Marais était une petite cour à elle seule. Que l’hôtel de cette médiatrice soit devenu la bibliothèque où l’on instruit les querelles du passé parisien est une justice poétique : on y consulte aujourd’hui, gratuitement, les archives des disputes qu’elle passa sa vie à apaiser.
Oui : il abrite la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, ouverte du lundi au samedi de dix heures à dix-huit heures, avec inscription gratuite sur simple pièce d’identité.
Fille légitimée d’Henri II, duchesse d’Angoulême, elle acquit l’hôtel en 1584 et y vécut jusqu’à sa mort en 1619. Les croissants et attributs de chasse des façades jouent sur son prénom de chasseresse.
C’est le plus ancien des grands hôtels particuliers du quartier : ses premiers marchés de construction datent de 1559 et 1560, un quart de siècle avant l’arrivée de Diane de France.
Le carnet continue
Hôtels particuliers et cours
L’hôtel d’Albret
4e arrondissement
La villa Léandre
18e arrondissement
L’hôtel Amelot de Bisseuil
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L’hôtel de Lauzun
4e arrondissement
L’hôtel de Beauvais
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La cité des Fleurs
17e arrondissement
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9e arrondissement
La villa de l’Ermitage
20e arrondissement