L’hôtel Amelot de Bisseuil
47 rue Vieille-du-Temple, 75004 Paris
C’est le plus beau portail du Marais, et il se visite depuis le trottoir. Sur les vantaux de l’hôtel Amelot de Bisseuil, rue Vieille-du-Temple, deux têtes de Méduse hurlent dans leurs médaillons de chêne, serpents noués, bouches ouvertes, œuvre du sculpteur Thomas Regnaudin vers 1660. L’hôtel est privé et clos ; ses portes, elles, appartiennent à tous les passants.
Des ambassadeurs qui n’y logèrent guère
Jean-Baptiste Amelot de Bisseuil fait reconstruire l’hôtel familial à partir du 15 août 1657, par l’architecte Pierre Cottard, qui l’achève vers 1660 avec un décor d’apparat complet. Le surnom d’hôtel des Ambassadeurs de Hollande, resté collé à la façade, est un mystère d’état civil : l’origine exacte en est discutée et les ambassadeurs des Provinces-Unies n’y ont, selon toute vraisemblance, jamais résidé. Le portail, lui, est classé avec l’hôtel depuis 1924.
Le locataire le plus considérable arrive le 9 octobre 1776 : Beaumarchais, qui loue l’hôtel six mille six cents livres par an, y installe la maison Roderigue Hortalez et Compagnie. Sous cette raison sociale d’opérette, une compagnie écran financée par la France et l’Espagne expédie armes et fournitures aux insurgés américains. Dans le même temps, entre ces murs, l’homme écrit Le Mariage de Figaro en 1778, puis compose Tarare avant de quitter les lieux en 1787.
Ce qu’il faut voir à l’hôtel Amelot de Bisseuil
- Les deux mascarons de Méduse de Regnaudin, à hauteur d’œil, dans le veinage du chêne.
- Le bas-relief aux deux Renommées du tympan, du même ciseau.
- Le dessin d’ensemble du portail de Cottard, courbes et contre-courbes du plus pur Louis XIV naissant.
- La rue Vieille-du-Temple elle-même, colonne vertébrale du Marais des hôtels.
Y aller
Au 47 rue Vieille-du-Temple, dans le 4e arrondissement ; métro Hôtel de Ville ou Saint-Paul. L’hôtel ne se visite pas : tout se joue sur le trottoir, de préférence le matin quand la lumière rase les reliefs. L’hôtel de Lamoignon et le musée Picasso tiennent le haut du quartier.
Le saviez-vous ?
Roderigue Hortalez et Compagnie fut peut-être la société commerciale la plus décisive du dix-huitième siècle : des millions de livres, avancés par Versailles et Madrid, convertis en fusils, canons et uniformes livrés aux insurgés d’Amérique avant même l’alliance officielle de 1778. Le tout dirigé depuis un hôtel du Marais par un horloger devenu dramaturge, qui trouvait le temps, entre deux cargaisons, d’écrire la pièce la plus insolente du siècle. Les Méduses du portail n’ont jamais si bien porté leur emploi : pétrifier les curieux.
Non, l’hôtel est privé et ne se visite pas. Son portail sculpté par Thomas Regnaudin, avec ses Méduses, se contemple librement depuis la rue Vieille-du-Temple.
Installé le 9 octobre 1776, il y dirigea Roderigue Hortalez et Compagnie, société écran financée par la France et l’Espagne pour armer les insurgés américains, et y écrivit Le Mariage de Figaro en 1778.
Le surnom est ancien mais son origine reste discutée : les ambassadeurs des Provinces-Unies n’y ont, selon toute vraisemblance, jamais résidé.
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