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SECRET PARISIEN

Paris, le samedi 19 septembre 2026

20e Arrt
rueIrénée-Blanc
Hôtels particuliers et cours 20e arrondissement

La Campagne à Paris

Rue Irénée-Blanc, 75020 Paris

Une maison en meulière de la Campagne à Paris, avec la plaque de la rue Jules-Siegfried
GFreihalter, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Au-dessus de la porte de Bagnolet, trois rues pavées grimpent entre des maisons de meulière et de brique, rosiers aux grilles, vigne aux pignons. La Campagne à Paris porte son programme dans son nom : un village de quatre-vingt-douze pavillons perché sur une butte, à cent mètres du périphérique, né non d’un caprice de riches mais d’une coopérative d’employés et d’ouvriers.

La coopérative du pasteur

L’histoire commence par une conférence : le 15 mars 1907, Jules Siegfried, apôtre des habitations à bon marché, expose ses idées ; le 19 mai suivant, la société coopérative La Campagne à Paris se constitue, avec pour chevilles ouvrières le pasteur Sully Lombard, Siegfried et Irénée Blanc, reconnus cofondateurs en 1913. Le terrain, acheté en novembre 1908, est une butte de remblais d’anciennes carrières, quinze mille huit cents mètres carrés que personne ne voulait. Les pavillons s’élèvent de 1911 à 1928, sur les plans de l’architecte Pierre Botrel, dans l’esprit des cités-jardins anglaises, et l’inauguration officielle a lieu en grande pompe le 20 juin 1926.

Les rues du hameau récitent leur reconnaissance : rue Irénée-Blanc, rue Jules-Siegfried, rue Paul-Strauss, du nom des promoteurs du logement populaire. La coopérative visait des employés, des ouvriers, des petits fonctionnaires ; leurs héritiers et successeurs jardinent toujours les mêmes parcelles.

Ce qu’il faut voir à la Campagne à Paris

  • Les maisons de meulière et de brique, toutes parentes, toutes différentes, sur leurs jardinets en terrasse.
  • Les escaliers d’accès depuis la rue Géo-Chavez et la porte de Bagnolet, qui donnent au village son perchoir.
  • Les plaques des rues fondatrices, Irénée-Blanc, Jules-Siegfried, Paul-Strauss, le conseil d’administration au coin des rues.
  • La vue plongeante sur l’est parisien entre deux pignons.

Y aller

Rues Irénée-Blanc, Jules-Siegfried et Paul-Strauss, dans le 20e arrondissement ; métro Porte de Bagnolet. Rues publiques, flânerie libre à toute heure, jardins privés. Les hauteurs de l’est se répondent : la villa de l’Ermitage et le parc de Belleville sont à vingt minutes à pied.

Le saviez-vous ?

La butte qui porte le village est un monument d’économie circulaire avant la lettre : des remblais d’anciennes carrières, rehaussés au fil du dix-neuvième siècle, un sol si ingrat qu’il resta longtemps invendable. C’est précisément ce qui le rendit abordable pour une coopérative populaire. Les pavillons d’employés se sont donc offert, à l’inauguration de 1926, ce que les beaux quartiers n’ont jamais eu : un village entier posé sur du Paris recyclé, avec discours, fanfare et pasteur fondateur.

Qu’est-ce que la Campagne à Paris ?

Un lotissement coopératif de quatre-vingt-douze pavillons du 20e arrondissement, fondé en 1907 par le pasteur Sully Lombard, Jules Siegfried et Irénée Blanc, bâti de 1911 à 1928 et inauguré le 20 juin 1926.

Peut-on se promener dans la Campagne à Paris ?

Oui, les rues Irénée-Blanc, Jules-Siegfried et Paul-Strauss sont publiques et librement accessibles ; les maisons et jardins restent privés.

Sur quoi le village est-il construit ?

Sur une butte de remblais d’anciennes carrières, achetée en 1908 par la coopérative : un terrain ingrat et bon marché, devenu le perchoir du village.

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