Le passage Sainte-Foy
263 rue Saint-Denis, 75002 Paris
Il faut connaître la porte pour le trouver. Le passage Sainte-Foy s’ouvre par une entrée d’immeuble presque anonyme de la rue Saint-Denis, file sur soixante-dix-huit mètres, et ne concède qu’un mètre quarante-cinq de large : c’est l’un des couloirs les plus étroits de Paris. Au bout, côté rue Saint-Denis, une volée de treize marches. Ces marches sont le secret du lieu.
Un rempart sous les semelles
La rue Sainte-Foy, que le passage rejoint, court sur le sommet de l’ancienne levée de terre du rempart de Charles V, élevé entre 1356 et 1383. Quand la fortification a disparu, le bourrelet de terrain est resté, et les rues bâties dessus dominent d’un étage leurs voisines. L’escalier du passage ne fait que racheter cette dénivellation : on gravit, sans le savoir, le fantôme de la muraille. La nomenclature officielle des voies retient l’essentiel du reste : un ancien passage Sainte-Marguerite entièrement reconstruit en 1813 par un sieur Aubert, rebaptisé Sainte-Foy par arrêté du 10 novembre 1873, d’après la rue voisine, elle-même nommée pour une enseigne.
Aujourd’hui, le passage vit au rythme des ateliers de confection du Sentier, portes battantes et rouleaux de tissu, dans un décor volontiers défraîchi qui fait tout son caractère.
Ce qu’il faut voir dans le passage Sainte-Foy
- La volée de treize marches côté Saint-Denis : c’est la dénivellation du rempart de Charles V, et rien d’autre.
- Le gabarit d’un mètre quarante-cinq, où deux personnes se croisent de profil.
- Les entrées discrètes, deux portes d’immeuble qu’aucun touriste ne pousse.
- L’activité du Sentier, la vraie, celle des ateliers, à observer sans déranger.
Y aller
Entrées au 263 rue Saint-Denis et au 14 rue Sainte-Foy, dans le 2e arrondissement ; métro Strasbourg-Saint-Denis. Le passage traverse des immeubles privés : il s’emprunte en journée ouvrée, avec la discrétion due aux ateliers qui y travaillent. Les venelles sœurs se tiennent à quelques rues : le passage de la Trinité et le passage Basfour, plus bas sur la même rive de la rue Saint-Denis.
Le saviez-vous ?
Paris garde plusieurs de ces reliefs fantômes : des rues perchées sur d’anciennes levées de terre, des escaliers qui ne grimpent rien de visible. Celui de Sainte-Foy est le plus net : la muraille de Charles V, démantelée depuis plus de trois siècles, continue de commander la topographie du Sentier. Les fortifications meurent, la pente reste. Et un passage de confection, avec ses treize marches usées, en dit plus long sur le Paris médiéval que bien des monuments restaurés.
Parce que la rue Sainte-Foy court sur l’ancienne levée de terre du rempart de Charles V : l’escalier du passage rachète la dénivellation laissée par la fortification disparue.
Un mètre quarante-cinq, pour soixante-dix-huit mètres de long : c’est l’un des passages les plus étroits de Paris, selon la nomenclature officielle des voies.
C’est une voie privée traversant des immeubles : elle se parcourt en journée ouvrée, quand les ateliers du Sentier travaillent, sans horaires affichés.
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