Le passage du Désir
89 rue du Faubourg-Saint-Martin, 75010 Paris
Deux cent dix mètres d’allée calme entre les faubourgs Saint-Martin et Saint-Denis, des maisons basses, des pavés en losange, des visages sculptés au-dessus des portes. Le passage du Désir porte le plus beau nom de la voirie parisienne, et le plus mal élucidé : c’est peut-être la seule rue de Paris dont les habitants ont choisi eux-mêmes le nom, sans jamais laisser l’explication.
Un nom voté par la rue
La voie s’appelait passage du Puits, ou allée des Puits. En 1789, la nomenclature officielle est formelle sur ce point, les habitants du quartier le rebaptisent eux-mêmes passage du Désir. Pourquoi ce mot, en pleine année révolutionnaire ? La mairie du 10e relaie la tradition d’un hôtel à la vocation très particulière, une maison close dont aucune archive citée ne prouve l’existence ; les inventaires savants notent sobrement que le changement n’est pas totalement explicité. Le mystère est donc officiel, ce qui le rend précieux.
Le percement du boulevard de Strasbourg, en 1852 et 1853, a coupé le passage en deux tronçons. Côté Faubourg-Saint-Martin, un bel alignement homogène de maisons du début du dix-neuvième siècle, briques et pierre, avec des têtes de femmes sculptées au-dessus des portes ; côté Faubourg-Saint-Denis, des maisons à ateliers et une courette pavée.
Ce qu’il faut voir dans le passage du Désir
- Les visages sculptés au-dessus des portes du tronçon Saint-Martin, signature discrète du lotissement d’origine.
- L’alignement de maisons basses, rare dans un quartier de grands immeubles.
- La coupure du boulevard de Strasbourg, cicatrice haussmannienne en travers du nom.
- Les grilles des extrémités, ouvertes en journée, qui gardent à l’allée son quant-à-soi.
Y aller
Entrées au 89 rue du Faubourg-Saint-Martin et au 84 rue du Faubourg-Saint-Denis, dans le 10e arrondissement ; métro Château d’Eau ou Strasbourg-Saint-Denis. La mairie du 10e le recommande elle-même à la promenade, grilles ouvertes en journée. Les couverts marchands des grands boulevards sont à dix minutes : le passage Jouffroy et le passage Verdeau en font une suite naturelle.
Le saviez-vous ?
Le passage a fini par entrer en littérature par la porte du crime : Passage du désir, polar de Dominique Sylvain paru en 2004, y installe son intrigue et remporte l’année suivante le Grand Prix des lectrices de Elle dans la catégorie policier. Une allée dont le nom est une énigme depuis 1789 méritait bien de devenir un titre de roman à énigme. La boucle est bouclée, et toujours pas d’explication.
On l’ignore : les habitants ont eux-mêmes rebaptisé l’ancien passage du Puits en 1789, et ni les archives ni la mairie n’expliquent le choix du mot. La tradition d’une maison close reste sans preuve.
Oui, c’est une voie privée dont les grilles sont ouvertes en journée, et la mairie du 10e la recommande parmi les plus beaux passages de l’arrondissement.
Le percement du boulevard de Strasbourg, en 1852 et 1853, a tranché l’allée en deux tronçons, de part et d’autre du boulevard.
Le carnet continue
Passages couverts
Le passage Lhomme
11e arrondissement
Le passage Basfour
2e arrondissement
Le passage du Prado
10e arrondissement
Le passage du Ponceau
2e arrondissement
Le village Royal, ancienne cité Berryer
8e arrondissement
La cour du Commerce-Saint-André
6e arrondissement
Le passage Dauphine
6e arrondissement
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2e arrondissement