Le passage Lhomme
26 rue de Charonne, 75011 Paris
Entre deux bornes de fonte, une allée pavée s’enfonce depuis la rue de Charonne : cent vingt-deux mètres d’ateliers vitrés, de glycine et de lierre. Le passage Lhomme est ce que le faubourg Saint-Antoine a conservé de plus intact : non pas une vitrine, comme son voisin du Chantier, mais l’arrière-boutique, l’endroit où le meuble se fabriquait vraiment.
L’allée des métiers du bois
Tracé vers 1852 et baptisé du nom du propriétaire du terrain, le passage a vu défiler tous les métiers du faubourg : ébénistes, marqueteurs, vernisseurs, métallurgistes. Une cheminée de briques à base carrée domine encore les toits, vestige d’une ancienne scierie, l’une des dernières de Paris. Le vernisseur au tampon installé là depuis 1912 travaille toujours en famille, notamment pour le mobilier national ; la chaiserie voisine poursuit le siège ; la miroiterie fondée en 1886 a cessé vers 2006, mais son décor demeure. Autour, graphistes, bureaux de création et une librairie de bande dessinée ont remplacé peu à peu les copeaux.
Ce qu’il faut voir dans le passage Lhomme
- La cheminée de briques de la scierie, incongrue et magnifique au-dessus des ateliers.
- Les verrières d’atelier, qui donnaient au travail du bois sa lumière du nord.
- Les enseignes et devantures anciennes conservées, dont celle de la miroiterie disparue.
- La glycine, qui a mis un siècle à faire du passage un jardin suspendu.
Y aller
Entrée au 26 rue de Charonne, débouché sur l’avenue Ledru-Rollin, dans le 11e arrondissement ; métro Ledru-Rollin ou Bastille. Voie privée ouverte la journée. Le faubourg du meuble se lit d’une traite en enchaînant avec le passage du Chantier, de l’autre côté du faubourg Saint-Antoine, et un verre se trouve du côté du Moonshiner, rue Sedaine.
Le saviez-vous ?
La cheminée du passage traîne sa légende : on la dit parfois échappée des ateliers de Gustave Eiffel, installés là vers 1850. La chronologie proteste : en 1850, Eiffel a dix-huit ans et suit ses études ; ses ateliers n’existeront qu’après 1866, à Levallois. La cheminée appartient à l’histoire moins glorieuse et plus vraie d’une scierie de quartier, ce qui suffit largement : c’est elle qui donnait le bois aux ébénistes d’à côté. Quant au parfum du passage, il n’est pas une image : les jours de porte ouverte chez le vernisseur, l’allée sent réellement le tampon et la gomme-laque.
D’une ancienne scierie, l’une des dernières de Paris, qui alimentait les ateliers du faubourg. L’attribution aux ateliers de Gustave Eiffel est une légende démentie par la chronologie.
Oui : un vernisseur au tampon y est installé depuis 1912 et travaille notamment pour le mobilier national, aux côtés d’une chaiserie. Créateurs et graphistes occupent les autres ateliers.
C’est une voie privée ouverte à la promenade en journée, entre la rue de Charonne et l’avenue Ledru-Rollin. La discrétion s’impose, des ateliers y travaillent.
Le carnet continue
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