Le passage du Havre
109 rue Saint-Lazare, 75009 Paris
Entre la rue Saint-Lazare et la rue Caumartin, le passage du Havre déroule ses boutiques sous une verrière neuve. Neuve au sens propre : de tous les passages de Paris, celui-ci est le seul à être mort et revenu. Percé en 1845, rasé à la fin du vingtième siècle, il a été rebâti sur son propre tracé et rouvert en juin 1997. Une résurrection administrativement parfaite, sentimentalement discutée.
Des jardins de Tivoli aux trains électriques
Le passage naît en 1845, régularisé par ordonnance du 7 septembre 1846, sur les terrains des anciens jardins d’attractions de Tivoli, dont la nomenclature officielle rappelle qu’il remplaça le passage du chantier de Tivoli ; l’architecte d’origine se nommait Nicolas Victor Bartaumieux. La proximité de la gare Saint-Lazare en fit un couloir de foule, et le vingtième siècle lui donna une spécialité que les enfants n’ont jamais oubliée : les trains miniatures. Jusque dans les années 1990, les vitrines du Havre faisaient tourner les locomotives des grandes marques, et des générations y ont eu leur premier vertige ferroviaire.
Puis vint le grand chantier : trois ans et demi de démolition et de reconstruction dans les années 1990, sous la coordination de l’architecte Michel Macary, doublés du creusement de la gare souterraine du RER E à trente mètres sous le site, qui suspendit les travaux dix-huit mois. Le passage rouvre en juin 1997, en galerie commerçante d’une quarantaine de boutiques.
Ce qu’il faut voir dans le passage du Havre
- L’arche d’entrée de la rue Saint-Lazare, prise dans la façade en pierre du dix-neuvième siècle, seule survivante de l’ancien décor.
- Le tracé lui-même, fidèle au percement de 1845 : on marche exactement où marchaient les flâneurs de Tivoli.
- Le voisinage de la gare Saint-Lazare, qui explique tout : le passage fut d’abord un raccourci de voyageurs.
- La verrière de 1997, qui reprend le principe du passage couvert sans en conserver une ligne d’origine : le contraste avec l’arche de pierre se lit en trois pas.
Y aller
Entrées au 107-109 rue Saint-Lazare et au 69 rue Caumartin, dans le 9e arrondissement ; métro Saint-Lazare ou Havre-Caumartin. Ouvert tous les jours aux horaires de galerie commerçante. Pour les verrières historiques, les voisins des grands boulevards restent la référence : le passage Jouffroy et le passage Verdeau, à un quart d’heure à pied.
Le saviez-vous ?
Le RER E a joué au passage du Havre le tour le plus souterrain de son histoire : la gare Haussmann-Saint-Lazare s’est creusée à trente mètres sous le chantier de reconstruction, imposant un an et demi d’arrêt aux travaux de surface. Le passage de 1846 avait remplacé un jardin d’attractions ; celui de 1997 est né au-dessus d’un chantier ferroviaire. À chaque siècle son divertissement sous-jacent, et les trains, qui firent la légende des vitrines, finirent par passer dessous.
Son tracé date de 1845, mais le bâtiment actuel est une reconstruction intégrale rouverte en juin 1997 : c’est le seul passage parisien démoli puis rebâti sur lui-même.
Jusqu’aux années 1990, ses boutiques de modélisme ferroviaire faisaient tourner les trains miniatures des grandes marques en vitrine, attraction favorite des enfants du quartier Saint-Lazare.
Le passage fonctionne comme une galerie commerçante, ouverte tous les jours, environ de neuf heures trente à vingt heures et le dimanche en horaires réduits. Les horaires détaillés sont affichés aux entrées.
Le carnet continue
Passages couverts
Le passage Dauphine
6e arrondissement
Le passage du Grand-Cerf
2e arrondissement
Le passage Vendôme
3e arrondissement
Le passage Basfour
2e arrondissement
La galerie Colbert
2e arrondissement
Le passage Puteaux
8e arrondissement
Le passage de la Trinité
2e arrondissement
Le passage des Deux-Pavillons
1er arrondissement