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SECRET PARISIEN

Paris, le samedi 19 septembre 2026

20e Arrt
ruedes Cascades
Vestiges 20e arrondissement

Le regard Saint-Martin

42 rue des Cascades, 75020 Paris

À l’angle de la rue de Savies, un petit bâtiment de pierre dorée fait le dos rond sous les acacias : deux pentes de toit en dalles, une porte basse, un cartouche gravé. Le regard Saint-Martin est la plus photogénique des bornes du vieux réseau d’eau de Belleville, et l’une des raisons pour lesquelles la rue des Cascades porte ce joli nom qui n’a rien d’une chute d’eau.

L’eau des moines, captée à flanc de colline

Bien avant les aqueducs des rois, les grandes maisons religieuses s’étaient partagé les sources de Belleville. Le regard Saint-Martin marquait la prise d’eau du prieuré Saint-Martin-des-Champs, ce monastère fortifié dont le quartier des Arts et Métiers garde l’église : la source de Savies y était recueillie puis conduite vers le prieuré, dans un voisinage réglé avec les Templiers, servis par leurs propres regards un peu plus bas. L’écusson gravé montre saint Martin partageant son manteau, et l’inscription latine du fronton rappelle les restaurations de 1633 et de 1722.

L’édicule appartient à l’ensemble des eaux de Belleville, classé monuments historiques par l’arrêté du 6 février 2006, qui le nomme expressément aux côtés de la galerie médiévale et de ses frères, dont le regard de la Lanterne et le regard des Messiers de la même rue.

Ce qu’il faut voir, le regard Saint-Martin et sa rue

  • Le cartouche et son inscription latine, à déchiffrer sur place, mémoire des réparations d’Ancien Régime.
  • L’écusson de saint Martin coupant son manteau pour le pauvre, blason parlant du propriétaire des eaux.
  • La rue des Cascades elle-même, l’une des plus escarpées et des plus villageoises de Paris.
  • À trois numéros, le regard des Messiers, petit frère discret du même réseau.

Y aller

Au 42 rue des Cascades, à l’angle de la rue de Savies, dans le 20e arrondissement ; métro Jourdain ou Pyrénées, puis un peu de pente. L’extérieur se voit en permanence ; l’intérieur ne s’ouvre qu’exceptionnellement, au gré des Journées du patrimoine. La promenade des eaux se poursuit vers la Lanterne, quinze minutes plus haut, et le Belleville des hauteurs se savoure en chemin.

Le saviez-vous ?

Vers 1900, Eugène Atget grimpait déjà la côte avec sa chambre photographique pour fixer « l’ancien regard, rue des Cascades » : le tirage est conservé à la Bibliothèque nationale, et il montre à peu près ce qu’on voit aujourd’hui, l’édicule, la pente, le village. Cent vingt-cinq ans séparent son cliché du nôtre, et c’est peut-être la vraie leçon du lieu : dans un Paris qui a tout retourné, cette ruelle d’eau n’a presque pas bougé. Le pittoresque y était déjà un sujet avant l’invention du mot week-end.

À quoi servait le regard Saint-Martin ?

Il protégeait la prise d’eau du prieuré Saint-Martin-des-Champs sur les sources de Belleville : l’eau de la source de Savies y était captée puis conduite vers le monastère.

Pourquoi la rue des Cascades s’appelle-t-elle ainsi ?

Non pour des chutes d’eau pittoresques, mais pour les eaux des regards et des galeries de Belleville qui couraient le long de la pente. Le regard Saint-Martin en est le plus beau témoin.

Le regard Saint-Martin est-il protégé ?

Oui, il est classé au titre des monuments historiques depuis l’arrêté du 6 février 2006, au sein de l’ensemble des eaux de Belleville qui protège aussi la galerie médiévale et les autres regards.

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