C’est le plus grand espace vert de Paris, et le moins parisien d’allure : le bois de Vincennes aligne 995 hectares de futaies, de lacs et de pelouses à l’est de la capitale, entre la Porte Dorée et les bords de Marne. Forêt royale de chasse, champ de manœuvres, terrain d’expositions coloniales, il a tout été avant de devenir la campagne des Parisiens de l’est.
Où se trouve le bois de Vincennes ? Repères sur le plan de Paris
Le bois occupe l’angle sud-est du 12e arrondissement, entre Saint-Mandé, Vincennes, Nogent-sur-Marne, Joinville-le-Pont et Charenton. L’entrée la plus commode est la Porte Dorée : métro 8, tramway T3a, bus 46 et 201. Au nord, le métro 1 dépose devant le château de Vincennes ; à l’est, le RER A s’arrête à Nogent-sur-Marne et Joinville-le-Pont. L’épingle est posée au bord du lac Daumesnil.
Le bois abrite plusieurs enclos qui se visitent à part : le Parc floral de Paris, le parc zoologique de Paris et son Grand Rocher, et à l’autre bout, le jardin d’agronomie tropicale René-Dumont.
Une histoire : le bois de Vincennes, de la chasse royale à la promenade
Le nom de Vilcena apparaît dans un document de l’abbaye de Saint-Maur au IXe siècle, et la forêt passe à la Couronne au XIe. Philippe Auguste fait clore la forêt pour la chasse et entreprend, à l’emplacement du futur château, un premier manoir. Sous Louis XV, le bois reçoit ses grandes allées rectilignes en étoile, l’obélisque du carrefour de la Pyramide, daté de 1731, et s’ouvre au public. La Révolution en fait un bien national ; Napoléon Ier transforme le château en arsenal ; tout le XIXe siècle, on y manœuvre.
Le tournant est celui du Second Empire. À partir de 1857, l’ingénieur Adolphe Alphand et le jardinier Jean-Pierre Barillet-Deschamps gardent les grands axes mais creusent des lacs et des rivières, dessinent des pelouses et remplacent les murs par des grilles. La Ville reçoit le bois à la fin des années 1850, et un sénatus-consulte de 1860 lui cède 934 hectares, à charge de les entretenir « perpétuellement en promenade publique » ; en échange, elle est autorisée à lotir des terrains en périphérie.
Autour du lac Daumesnil, nommé d’après le général Pierre Daumesnil qui défendit le château en 1814 et en 1815, Gabriel Davioud pose une rotonde sur une grotte artificielle, que tout Paris appelle le temple de l’Amour. Le siècle suivant apporte les expositions coloniales, le zoo de 1934 et son Grand Rocher, le Parc floral inauguré en avril 1969, et un classement du bois au titre des sites, par décret du 22 septembre 1960.
Ce qu’il faut voir au bois de Vincennes
- Le lac Daumesnil, ses deux îles et le temple de l’Amour de Davioud, au-dessus de sa grotte.
- L’île de Bercy, reliée à l’île de Reuilly par un pont suspendu, et ses platanes plantés en 1860.
- Le lac des Minimes et, route ronde des Minimes, un chêne pédonculé planté en 1784, vingt-sept mètres de haut.
- Le noyer noir de la route de ceinture du lac Daumesnil, planté en 1845, six mètres de tour, labellisé en 2015.
- La pagode de Vincennes, anciens pavillons du Togo et du Cameroun de l’Exposition coloniale de 1931, inscrits aux monuments historiques.
- La Butte aux Canons, qui culmine à 71 mètres, et l’obélisque de 1731 du carrefour de la Pyramide, classé monument historique depuis 1946.
Modalités et infos pratiques
Le bois n’est pas clos : il est ouvert jour et nuit, toute l’année, et gratuit. Les enclos ont leurs propres horaires, le Parc floral est payant d’avril à septembre, et l’arboretum de l’École Du Breuil est fermé jusqu’à nouvel ordre. Après l’orage du 27 août 2026, la Ville demandait encore, à la mi-septembre, d’éviter le secteur et de ne pas stationner sous les arbres endommagés.
Le bois se prend par morceaux : le tour du lac Daumesnil et son temple en une heure, le lac des Minimes et ses trois îles pour une demi-journée, la pelouse de Reuilly quand la Foire du Trône s’y installe au printemps. Les jardins de l’École Du Breuil, ouverts en journée, offrent une rocaille bâtie avec des rochers récupérés sur le chantier de l’autoroute A4.
Le saviez-vous ? Le bois n’est parisien que depuis 1929
Les terrains du bois appartenaient aux communes voisines. Ce sont des décrets du 18 avril 1929 qui les rattachent au 12e arrondissement, si bien que Paris compte aujourd’hui, dans ses limites, une forêt qui touche la Marne. Le classement de 1960 a ensuite figé l’ensemble, « cadre du château de Vincennes », selon le dossier d’archives.
Autre curiosité, le noyer noir planté en 1845 près du lac Daumesnil n’était pas un arbre mais trois : une cépée de trois brins, dont la fusion a laissé une large cicatrice, visible depuis la route de ceinture.
995 hectares selon la Ville de Paris, ce qui en fait le plus grand espace vert de la capitale. Le site classé qui le protège depuis 1960 couvre, lui, 975 hectares.
La rotonde dite temple de l’Amour, posée sur une grotte artificielle dessinée par Gabriel Davioud, l’île de Reuilly et l’île de Bercy, reliées par un pont suspendu, et des platanes plantés en 1860.
Oui, le bois n’est pas clos : il est ouvert jour et nuit, toute l’année, et l’accès est gratuit. Ses enclos, comme le Parc floral, l’île de Bercy ou le jardin de l’École Du Breuil, ont leurs propres horaires.
Le carnet continue
Jardins
Coulée verte René-Dumont
12e arrondissement
Le parc de Bagatelle
16e arrondissement
Jardin du Luxembourg
6e arrondissement
Le jardin des Rosiers – Joseph Migneret
4e arrondissement
Le Jardin des Plantes
5e arrondissement
Le parc André-Citroën
15e arrondissement
Le square René-Viviani
5e arrondissement
Le square des Batignolles
17e arrondissement