Quatre mille deux cent soixante-cinq mètres carrés, pas un de plus, et pourtant le square René-Viviani contient une bonne partie de l’histoire de Paris : le plus vieil arbre de la ville, une église du Moyen Âge, des pierres gothiques posées dans l’herbe, et la plus belle vue sur le chevet de Notre-Dame. Il est classé au titre des sites depuis 1957, ce qui est rare pour un square de quartier.
Où se trouve le square René-Viviani ? Repères sur le plan de Paris
Sur la rive gauche, dans le 5e arrondissement, entre le quai de Montebello et la rue Lagrange, face à l’île de la Cité. L’entrée principale est au 2, rue du Fouarre, et deux autres s’ouvrent quai de Montebello et rue Saint-Julien-le-Pauvre. Métro 4 à Saint-Michel, métro 10 à Maubert-Mutualité, RER B et C à Saint-Michel-Notre-Dame.
Le voisinage est à l’avenant : la cathédrale Notre-Dame en face, la librairie Shakespeare and Company à cent mètres, et le Jardin des Plantes à vingt minutes de marche le long de la Seine.
Une histoire : le square René-Viviani et son robinier
Le square est jeune, il date de 1928 : avant lui, le terrain portait une annexe de l’Hôtel-Dieu et des maisons. L’arbre, lui, est bien plus vieux. La tradition veut que Jean Robin, apothicaire et botaniste des rois Henri III, Henri IV et Louis XIII, ait planté ce robinier faux-acacia en 1601, l’année même où il publiait son catalogue des plantes cultivées à Paris. Les données de la Ville hésitent d’ailleurs entre 1601 et 1602.
Le lieu exact de la plantation fait débat entre deux institutions. La Ville de Paris assure que Robin l’a mis en terre ici, dans le jardin d’herbes confié à la faculté de médecine ; le Muséum national d’histoire naturelle écrit de son côté que Robin sema ses graines dans son jardin de l’île de la Cité, vers 1600. Les deux récits ne peuvent pas être vrais en même temps : mieux vaut les citer tous les deux.
L’arbre a payé son âge. Son tronc est creux, plusieurs rejets se sont soudés autour du vestige d’origine, et des étais de béton le soutiennent depuis des décennies. En 2010, une margelle de châtaignier tressé selon une méthode médiévale et un banc circulaire de chêne ont été installés à son pied. Le Conseil de Paris lui a consacré une délibération en novembre 2015, l’année où il a reçu le label national des arbres remarquables.
Ce qu’il faut voir au square René-Viviani
- Le robinier de Jean Robin, ses étais et sa margelle tressée, plus de trois mètres soixante de tour.
- L’église Saint-Julien-le-Pauvre, des XIIe et XIIIe siècles, classée monument historique par la liste de 1846.
- Les fragments de pierre gothiques, balustrades, pinacles et chapiteaux, posés dans les allées.
- La vue sur le chevet de Notre-Dame, par-dessus le quai de Montebello.
- Le ptérocarya, dit noyer du Caucase, le long de la rue Saint-Julien-le-Pauvre, et le frêne à fleurs côté rue Lagrange.
- La stèle de marbre blanc qui rappelle la mémoire des enfants juifs du 5e arrondissement, déportés et assassinés à Auschwitz.
Modalités et infos pratiques
L’entrée est libre. Le square ouvre à 8 heures en semaine, à 9 heures le samedi et le dimanche, et ferme à 19 h 30 en septembre, à 18 h 30 en octobre. On y trouve des points d’eau potable et une boîte à livres, pas de toilettes ; les chiens tenus en laisse sont admis dans les allées. L’allée centrale porte le nom d’Amandine Giraud, plongeuse de la brigade fluviale de Paris disparue en service dans la Seine le 5 janvier 2018.
Ne pas confondre avec le square de l’Île-de-France, à la pointe de la Cité, fermé jusqu’en juin 2027 pour le réaménagement des abords de la cathédrale : le square Viviani, lui, reste ouvert, et c’est même l’un des meilleurs postes d’observation pendant les travaux.
Le saviez-vous ? Le robinier a donné son nom à un genre
Quand Linné classe les plantes au XVIIIe siècle, il baptise Robinia le genre du faux-acacia, en hommage à Jean Robin. L’arbre du square porte donc le nom de son planteur présumé, et son cousin du Jardin des Plantes, planté par la même famille, est reconnu par le Muséum comme un peu plus jeune que lui.
Le square doit son nom à René Viviani, avocat et homme politique de la Troisième République, président du Conseil en 1914. Quant à la fontaine de bronze installée au milieu des années 1990, elle s’inspire de la légende de saint Julien l’Hospitalier, que Flaubert a racontée dans ses Trois contes.
Au square René-Viviani, dans le 5e arrondissement : un robinier faux-acacia planté selon la tradition en 1601 par Jean Robin, botaniste d’Henri IV. Il est aujourd’hui soutenu par des étais de béton.
Oui, et l’entrée est gratuite. Le square ouvre à 8 heures en semaine et à 9 heures le week-end ; il ferme à 19 h 30 en septembre et à 18 h 30 en octobre.
Le robinier de 1601, l’église Saint-Julien-le-Pauvre classée monument historique dès 1846, des fragments de pierre gothiques posés dans les allées et la vue sur le chevet de Notre-Dame.
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