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SECRET PARISIEN

Paris, le jeudi 17 septembre 2026

12e Arrt
placeLéonard-Bernstein
Jardins 12e arrondissement

Le parc de Bercy

Place Léonard-Bernstein, 75012 Paris

Une ruelle pavée des entrepôts de Bercy bordée de chais et d'arbres, photographiée par Eugène Atget
Eugène Atget, musée Carnavalet, CC0 Paris Musées, via Wikimedia Commons

Sous les pelouses, il y a des rails. Le parc de Bercy, quatorze hectares entre la Seine et la rue de Bercy, occupe les terrains des entrepôts de vin qui firent la fortune du quartier : une quarantaine d’hectares de chais, de cours pavées et de wagons-foudres, installés hors des barrières de l’octroi. La photographie d’Eugène Atget montre ces ruelles avant le parc ; l’aménagement des années 1990 en a gardé les pavés, les voies ferrées et près de deux cents arbres centenaires.

Où se trouve le parc de Bercy ? Repères sur le plan de Paris

Dans le 12e arrondissement, le long du quai de Bercy. Les Grandes pelouses s’ouvrent place Léonard-Bernstein, devant l’Accor Arena : métro 6 et 14 à Bercy. Les parterres et le jardin romantique donnent rue Joseph-Kessel : métro 14 à Cour Saint-Émilion, bus 64 devant l’entrée. De la terrasse du quai, la passerelle Simone-de-Beauvoir traverse la Seine jusqu’à la Bibliothèque François-Mitterrand.

Le parc a deux voisins de choix, tous deux installés dans d’anciens bâtiments du quartier du vin : la Cinémathèque française et le musée des Arts forains.

Une histoire : du vin de Bercy au parc de Bercy

Au XIXe siècle, Bercy vit du vin. Les négociants s’installent hors des barrières de l’octroi, où le vin échappe aux taxes de Paris ; la commune est annexée à la capitale en 1860, et la Ville rachète les entrepôts dans les années 1870, après une inondation. Un réseau de voies ferrées entre dans les cours pour servir les chais, dont ceux de la cour Saint-Émilion, bâtis au XIXe siècle et signés, pour les derniers, de l’architecte Louis-Ernest Lheureux.

L’activité s’éteint au fil du XXe siècle, et les derniers chais disparaissent avec le réaménagement du quartier. En 1987, un concours international est remporté par l’architecte Bernard Huet et l’agence FFL, avec les paysagistes Ian Le Caisne puis Philippe Raguin. Le chantier commence en 1993 : près de deux cents arbres centenaires sont conservés, 1 200 sont plantés, et le parc est inauguré en 1997. Les parterres ont pris en novembre 2000 le nom de jardin Yitzhak-Rabin.

Ce qu’il faut voir au parc de Bercy

  • Les rails encore pris dans les pavés des allées, où roulaient les wagons-foudres.
  • La vigne des parterres, plantée en 1996 et vendangée chaque année ; ses pieds ont été remplacés par des cépages résistants, Soreli en 2018, Floréal en 2021.
  • La Maison du jardinage et du compostage, dans un ancien bâtiment des entrepôts, avec son potager, sa serre et sa grainothèque en libre-échange.
  • Le jardin romantique, ses bassins, son île, sa grotte et ses cascades.
  • Le platane du mail des Tilleuls, arbre remarquable de trente-cinq mètres et de plus de cinq mètres de tour.
  • Les « ruines » du Petit-Château, deux pans de murs dégagés et reconstitués lors de l’aménagement.

Modalités et infos pratiques

Tout est gratuit. Les Grandes pelouses sont ouvertes jour et nuit ; le jardin romantique et le jardin Yitzhak-Rabin ouvrent à 8 heures en semaine, à 9 heures le week-end, et ferment à 20 h 30 en septembre, à 19 h 30 en octobre. Les chiens en laisse sont admis dans les allées des Grandes pelouses et dans le jardin Yitzhak-Rabin, pas ailleurs.

Le parc se traverse d’ouest en est comme un livre d’histoire : la prairie devant l’Arena, les parterres et leur vigne, puis le jardin romantique et ses bassins. Le chai de Bercy et l’orangerie accueillent des expositions, et la sortie vers la cour Saint-Émilion mène aux anciens chais inscrits aux monuments historiques depuis le 7 février 1986.

Le saviez-vous ? Le métier de jaune d’œuf

Aux entrepôts, on clarifiait le vin au blanc d’œuf. Restaient les jaunes, que des commerçants appelés « jaunes d’œuf » rachetaient pour les revendre. Le quartier avait ses métiers, ses cours et son vocabulaire ; le parc en a gardé les pavés, les rails et les grands arbres.

Autre curiosité, les ruines du Petit-Château n’ont de ruines que le nom. Les deux pans de murs visibles en contrebas du talus ont été dégagés puis reconstitués au moment de l’aménagement du parc, en souvenir des folies du XVIIIe siècle qui bordaient la Seine.

Le parc de Bercy est-il ouvert la nuit ?

Les Grandes pelouses, oui : elles sont ouvertes vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le jardin romantique et le jardin Yitzhak-Rabin ferment le soir, à 20 h 30 en septembre et à 19 h 30 en octobre.

Qu’y avait-il avant le parc de Bercy ?

Les entrepôts de vin de Bercy : une quarantaine d’hectares de chais, de cours pavées et de voies ferrées, installés hors des barrières de l’octroi. Le parc en a gardé les pavés, les rails et près de deux cents arbres.

Que reste-t-il des chais de Bercy ?

Les chais de la cour Saint-Émilion, inscrits aux monuments historiques en 1986 et reconvertis en commerces, et, dans le parc, le chai de Bercy et l’orangerie, devenus lieux d’exposition.

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