Le jardin du Champ-de-Mars
2 allée Adrienne-Lecouvreur, 75007 Paris
C’est le plus grand tapis vert de Paris et le seul qui ne ferme jamais. Le jardin du Champ-de-Mars déroule vingt-quatre hectares et demi entre l’École militaire et la Seine, sans clôture, sans grille et sans heure de fermeture. Terrain de manœuvre au XVIIIe siècle, théâtre de cinq expositions universelles, il a gardé de son passé militaire une chose rare : une perspective absolument droite, de l’École militaire à la Seine.
Où se trouve le jardin du Champ-de-Mars ? Repères sur le plan de Paris
Dans le 7e arrondissement, entre le quai Branly au nord et l’avenue de la Motte-Picquet au sud, bordé par les avenues de Suffren et de La Bourdonnais. Comme le parc n’est pas clos, on y entre de partout. Métro 8 à École-Militaire, métro 6 à Bir-Hakeim et Dupleix, RER C à Champ-de-Mars – Tour-Eiffel, bus 42, 69, 80, 82, 86 et 92.
Le voisinage n’a pas besoin d’être présenté : la tour Eiffel ferme la perspective au nord-ouest, le musée du quai Branly borde le quai, et l’esplanade du Trocadéro prolonge l’axe de l’autre côté de la Seine.
Une histoire : le jardin du Champ-de-Mars, du terrain de manœuvre au tapis vert
Avant l’École militaire, il y avait des potagers : la plaine de Grenelle nourrissait Paris. La construction du bâtiment d’Ange-Jacques Gabriel, dans les années 1760, transforme le terrain en champ de manœuvre, et le percement des avenues de La Bourdonnais et de Suffren en fixe les limites vers 1770. Neuf cents mètres de long, quatre cents de large, un fossé sec et des terrasses plantées d’ormes en quinconce : la forme du Champ-de-Mars est déjà là.
La suite est une liste d’événements que la France connaît par cœur. Le 27 août 1783, le premier ballon gonflé à l’hydrogène, construit par le physicien Jacques Charles, s’envole d’ici et retombe à Gonesse. Le 14 juillet 1790, environ trois cent mille personnes assistent à la fête de la Fédération. Un an plus tard, la fusillade du 17 juillet 1791 y fait une cinquantaine de morts. En 1794, David met en scène la fête de l’Être suprême, présidée par Robespierre ; en 1804, Napoléon y distribue les aigles à ses régiments.
Le XIXe siècle en fait un champ d’exposition : 1867, 1878, 1889, 1900, puis 1937. Pour le centenaire de la Révolution, Gustave Eiffel y dresse sa tour, et la galerie des Machines de Dutert et Contamin couvre le sol devant l’École militaire jusqu’à sa démolition en 1909. L’armée cède le terrain à la Ville de Paris à la fin du siècle, et l’architecte Jean-Camille Formigé dessine à partir de 1908 le jardin que l’on voit, avec ses pièces d’eau, ses rocailles et ses bosquets à l’anglaise sur les côtés.
Ce qu’il faut voir au jardin du Champ-de-Mars
- La perspective de l’École militaire à la tour Eiffel et au palais de Chaillot, motif du classement du site par arrêté du 22 octobre 1956.
- Le grand platane du bord de l’eau, côté tour Eiffel : vingt-sept mètres de haut et plus de sept mètres de tour, que la Ville dit planté en 1814 et qui serait né de la fusion de six sujets serrés.
- L’arbre à gomme, seul arbre à latex des régions tempérées, introduit en France en 1896 et classé remarquable pour sa rareté.
- Le hêtre pleureur au bord du bassin et le cèdre bleu du Liban, eux aussi arbres remarquables de la Ville.
- Le buste de Gustave Eiffel par Antoine Bourdelle, au pied du pilier nord de la tour.
- Le monument au général Ferrié, qui rappelle que la tour doit sa survie à la station radiotélégraphique installée en 1905, et la statue équestre du maréchal Joffre, place Joffre.
Modalités et infos pratiques
Entrée libre, à toute heure. Aires de jeux, manèges, guignol, promenade à poney, terrain de basket, mini-foot, tables de ping-pong, tables d’échecs et de dames, buvette, points d’eau potable et toilettes ; chiens en laisse admis dans les allées. Le parc porte les labels Ecojardin et Tourisme & Handicap. Une rénovation des allées et des pelouses, votée au budget participatif du 7e, est en cours.
Le parc sort de dix années difficiles. Le Grand Palais éphémère, monté en 2021 sur le plateau Joffre, a servi d’Arena pour le judo et la lutte pendant les Jeux de 2024, avant d’être démonté au printemps 2025 ; les pelouses et le mobilier ont mis encore un an à s’en remettre. Le plateau est de nouveau dégagé, et la statue de Joffre a retrouvé sa vue sur l’École militaire.
Le saviez-vous ? Vingt ans pour un mur de quatre mois
Le Mur pour la Paix, œuvre de Clara Halter et de l’architecte Jean-Michel Wilmotte, a été installé place Joffre en mars 2000 pour quatre mois. Il y est resté vingt ans. Il a fallu une décision de la cour administrative d’appel de Paris, en septembre 2019, pour obtenir son départ, effectif en mai et juin 2020. L’année suivante, le Grand Palais éphémère s’élevait exactement au même endroit.
Deux légendes tenaces à écarter, tant qu’on y est. Le ballon de 1783 n’était pas un dirigeable, simplement un aérostat livré au vent. Et l’histoire de Parmentier plantant ici ses premières pommes de terre, que reprend la mairie d’arrondissement, relève des étymologies populaires : aucune source ne l’atteste.
Oui. C’est l’un des rares grands espaces verts parisiens sans clôture : il est ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre, tous les jours, et l’accès est gratuit.
245 405 mètres carrés selon la nomenclature de la Ville de Paris, soit environ vingt-quatre hectares et demi. Le terrain de manœuvre d’origine en faisait quarante-deux, réduits par les lotissements du XXe siècle.
L’architecte Jean-Camille Formigé, à partir de 1908, après les expositions universelles. C’est lui qui a aussi conçu le jardin des serres d’Auteuil.
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