Goyard descend d’une maison plus vieille que la République : en 1792, Pierre-François Martin ouvre à Paris la Maison Martin, spécialisée dans les malles sur mesure pour l’aristocratie, et devient fournisseur de la duchesse de Berry. En 1834, il installe la boutique au 347 rue Saint-Honoré, numéro qui deviendra le 233 lors de la renumérotation parisienne de 1856. La maison n’a jamais changé d’adresse depuis.
François Goyard, entré comme apprenti en 1845, reprend l’affaire à la mort de son patron en 1852 ; l’enseigne devient Goyard en 1853. Son fils Edmond invente le motif qui fera la maison, et sa petite-fille tiendra la boutique. Goyard n’a jamais fait de publicité, ne communique presque pas et ne vend pas en ligne : cette discrétion absolue est devenue, par un retournement d’époque, son meilleur argument.
La Goyardine, un motif venu des rivières
En 1892, Edmond Goyard dessine la toile qui porte le nom de la maison. Vue de loin, une trame de chevrons ; vue de près, une multitude de points peints à la main, appliqués au pochoir en trois couches. Le dessin n’est pas décoratif par hasard : il évoque les trains de bois que les ancêtres flotteurs de la famille menaient sur les rivières du Morvan jusqu’à Paris, et le chevron dessine un Y, la lettre centrale du nom GOYARD.
Les malles les plus étranges de Paris
Goyard a fabriqué des objets que personne d’autre n’aurait acceptés : malles-bureaux, caves à cigares, cages de voyage, coffres à jouets, et surtout des accessoires pour chiens depuis 1900, dont une collection entière de paniers, colliers et gamelles, la maison ayant compris avant tout le monde que ses clients voyageaient avec leurs bêtes. Ses clients passés incluent Arthur Conan Doyle, les Rockefeller, Coco Chanel et le maharadjah de Kapurthala.
Les repères de la maison Goyard
- 1792 : fondation de la Maison Martin, ancêtre de Goyard.
- 1834 : installation au 347 rue Saint-Honoré, devenu le 233 en 1856.
- 1853 : l’enseigne prend le nom de Goyard.
- 1892 : création de la toile Goyardine par Edmond Goyard.
- 1900 : première ligne d’accessoires pour chiens.
La devanture noire du 233 rue Saint-Honoré n’a pas bougé depuis le XIXe siècle, entre le Meurice et le Palais-Royal : lettres dorées, vitrines minuscules, aucune enseigne lumineuse. L’adresse est épinglée sur notre carte de Paris.
Depuis 1834, quand Pierre-François Martin y installa sa boutique au 347, numéro devenu le 233 lors de la renumérotation parisienne de 1856. La maison, devenue Goyard en 1853, n’a jamais quitté cette adresse.
Des chevrons composés de points peints à la main, qui évoquent les trains de bois flottés par les ancêtres de la famille Goyard sur les rivières du Morvan. Le chevron dessine un Y, lettre centrale du nom Goyard.
C’est un choix ancien de la maison, qui ne communique presque pas, ne vend pas en ligne et limite volontairement son réseau de boutiques. Cette discrétion est devenue l’un des traits distinctifs de la marque.