The Kooples naît en 2008, fondée par trois frères, Alexandre, Laurent et Raphaël Elicha. Ils ne sont pas des débutants : leur père, Tony Elicha, avait créé le Comptoir des Cotonniers, revendu à un groupe japonais, et c’est cette vente qui leur donne l’idée et les moyens de lancer leur propre enseigne. La société est domiciliée place Vendôme, la première boutique ouvre rue de Rennes en septembre 2008.
L’idée de départ n’est pas un vêtement mais une campagne. Les frères décident de photographier de vrais couples, avec leurs prénoms, leur âge et le nombre d’années passées ensemble inscrits sous l’image, plutôt que des mannequins anonymes. Le nom de la marque vient de là. Le procédé, repris ensuite partout, était alors une nouveauté qui a construit son identité plus sûrement qu’une collection.
The Kooples et le vestiaire rock parisien
Le style s’installe vite : silhouettes noires, vestes de smoking, chemises blanches, cuir, une élégance rock inspirée de Londres et portée à la parisienne. La marque joue sur la mixité des collections, homme et femme dessinées ensemble, et sur des boutiques identiques d’un pays à l’autre, meubles industriels et affiches de couples grandeur nature. En quelques années, elle ouvre à Londres, à New York et en Asie.
Les repères de la maison The Kooples
- 2008 : création par Alexandre, Laurent et Raphaël Elicha.
- Septembre 2008 : première boutique, rue de Rennes, 6e arrondissement.
- Les campagnes photographiant de vrais couples, à l’origine du nom.
- Siège social place Vendôme.
- Une expansion internationale rapide, de Londres à New York.
Une marque de famille, encore une
The Kooples appartient à une particularité française : la mode parisienne accessible s’est bâtie sur des fratries. Les frères Elicha après le Comptoir des Cotonniers de leur père, les sœurs Chetrite et Milgrom pour Sandro et Maje, quelques autres encore : une génération d’entrepreneurs venue du commerce plutôt que des écoles de couture, qui a compris avant les grandes maisons qu’il existait un espace entre la chaîne bon marché et le luxe.
La rue de Rennes, artère commerçante née d’Haussmann
Le choix de la rue n’est pas neutre. Percée à partir de 1853 sous le Second Empire pour relier la gare Montparnasse au cœur de Paris, la rue de Rennes devait à l’origine descendre jusqu’à la Seine : le chantier s’est arrêté devant l’église Saint-Germain-des-Prés, qu’on n’a pas osé démolir. Elle est devenue l’une des artères commerçantes les plus fréquentées de la rive gauche, entre le boulevard Saint-Germain et Montparnasse.
Remontez la rue de Rennes depuis Saint-Germain-des-Prés : c’est un couloir de vitrines qui contraste avec les ruelles voisines. Les Deux Magots sont au bout, le Bon Marché à dix minutes, et l’adresse est épinglée sur notre carte de Paris.
Les trois frères Alexandre, Laurent et Raphaël Elicha, en 2008. Ils sont les fils de Tony Elicha, fondateur du Comptoir des Cotonniers, dont la vente leur permit de lancer leur propre marque.
Des campagnes de la marque, qui photographient de vrais couples en indiquant leurs prénoms, leur âge et le nombre d’années passées ensemble. Le nom est une transcription du mot couples.
Rue de Rennes, dans le 6e arrondissement de Paris, en septembre 2008. Le siège de la société est établi place Vendôme.