Aller au contenu
SECRET PARISIEN

Paris, le mardi 8 septembre 2026

1er Arrt
rueThérèse
Lalique

Lalique, la naissance d’un joaillier place Gaillon

Un flacon à senteur de René Lalique conservé au musée d'Orsay
Chatsam, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Lalique est née à Paris, et c’est important de le dire, car on associe la maison à l’Alsace. Fin 1885, René Lalique, vingt-cinq ans, rachète au joaillier Jules Destape son atelier de la place Gaillon, dans le 2e. Il travaillait jusque-là comme dessinateur indépendant pour Cartier, Boucheron et Vever, qui achetaient ses modèles sans savoir toujours qui les signait. En 1890, il s’installe au 20 rue Thérèse, avec une trentaine d’ouvriers.

Ce qu’il fait alors bouleverse la joaillerie. Il abandonne la hiérarchie des matières : ses bijoux mêlent l’or au verre, à la corne, à l’ivoire, à l’émail, et valent par le dessin plus que par le carat. Libellules, femmes-insectes, chardons, serpents : c’est l’Art nouveau à son sommet. Sarah Bernhardt lui commande ses bijoux de scène, le collectionneur Calouste Gulbenkian lui achète des pièces entières, et l’Exposition universelle de 1900 le consacre.

Lalique, du bijou au flacon de parfum

Le second métier commence rue Thérèse. Dès 1893, Lalique expérimente le verre à la cire perdue et produit un premier flacon. Vers 1907, le parfumeur François Coty, dont la boutique se trouvait place Vendôme, lui demande de dessiner ses flacons : Lalique accepte, puis décide d’en assurer lui-même la fabrication en série. À quarante-sept ans, il change de métier. En 1921, il ouvre une verrerie à Wingen-sur-Moder, en Alsace, où la maison produit encore.

Les repères de la maison Lalique

  • 1885 : rachat de l’atelier de Jules Destape, place Gaillon.
  • 1890 : installation au 20 rue Thérèse, 1er arrondissement.
  • 1893 : premiers essais de verre à la cire perdue.
  • 1900 : triomphe à l’Exposition universelle de Paris.
  • 1921 : verrerie de Wingen-sur-Moder, en Alsace.

Le verre partout dans Paris

Lalique a laissé sa marque dans la ville : portes, fontaines, luminaires, et surtout les bouchons de radiateur en verre moulé qui ornaient les automobiles des années 1920, aujourd’hui pièces de collection. Il travailla pour l’Orient-Express, pour le paquebot Normandie, pour les églises et pour les grands magasins. Sa boutique parisienne, ouverte en 1935 au 20 rue Royale, existe toujours et fut l’une des premières vitrines entièrement conçues comme un décor de verre.

La rue Thérèse est une voie discrète entre l’avenue de l’Opéra et le Palais-Royal. Le musée d’Orsay et le musée des Arts décoratifs conservent ses bijoux et ses verres, et l’adresse est épinglée sur notre carte de Paris.

Lalique est-elle née à Paris ?

Oui : René Lalique acheta fin 1885 l’atelier de joaillerie de Jules Destape, place Gaillon à Paris, puis s’installa en 1890 au 20 rue Thérèse. La verrerie alsacienne de Wingen-sur-Moder ne fut ouverte qu’en 1921.

Pourquoi René Lalique est-il passé du bijou au verre ?

Parce que le parfumeur François Coty lui demanda vers 1907 de dessiner ses flacons. Lalique, qui expérimentait le verre depuis 1893, décida d’en assurer la fabrication en série et changea de métier à quarante-sept ans.

Lalique a-t-il travaillé pour Sarah Bernhardt ?

Oui : l’actrice fut l’une de ses plus célèbres clientes et lui commanda plusieurs bijoux de scène dans les années 1890, contribuant à faire connaître son style Art nouveau.

1er arrondissement Art Nouveau Lalique maisons de luxe place Gaillon René Lalique Sarah Bernhardt