La cour Damoye
12 place de la Bastille, 75011 Paris
Le porche s’ouvre entre deux terrasses de la place de la Bastille, et le bruit tombe d’un coup. La cour Damoye aligne cent vingt-quatre mètres de pavés entre la place et la rue Daval, six mètres de large, des lanternes, des glycines, d’anciens ateliers devenus bureaux doux. C’est la plus spectaculaire des transitions acoustiques de Paris : dix mètres, et un siècle et demi de moins.
Le quincaillier et les ferrailleurs
La cour est percée en 1780 par le propriétaire du terrain, Antoine Pierre Damoye, quincaillier de son état, sur d’anciens terrains des fortifications de la porte Saint-Antoine. Le nom de Claude circule parfois pour le prénom ; les sources sérieuses disent Antoine Pierre, et la fiche les suit. Au dix-neuvième siècle, la cour devient le fief des chiffonniers et ferrailleurs auvergnats, brocante et récupération, avec des charrettes qu’on y répara encore pendant la Grande Guerre. La réhabilitation de 1999 a poli le décor sans le déguiser : les rails de charrettes et les enseignes de métiers ont laissé place aux studios de création, mais les pavés et les proportions sont d’origine.
Ce qu’il faut voir dans la cour Damoye
- Le porche côté Bastille, sas magique entre le tumulte et le silence.
- Les façades d’ateliers et leurs grandes baies, mémoire de la petite industrie du faubourg.
- Les glycines et les lanternes, qui font de la cour un couloir de verdure au printemps.
- Le débouché rue Daval, discret comme une sortie d’artistes.
Y aller
Entrée au 12 place de la Bastille, sortie au 12 rue Daval, dans le 11e arrondissement ; métro Bastille. Voie privée ouverte en semaine et le samedi en journée, le dimanche après-midi ; les grilles ferment le soir. Autour, le faubourg se raconte par le passage du Chantier et le passage Lhomme, à cinq minutes chacun.
Le saviez-vous ?
Quand Bertrand Tavernier tourna La Fille de d’Artagnan au début des années 1990, il chercha dans Paris un morceau de dix-septième siècle sans enseigne lumineuse ni bitume : la cour Damoye fit l’affaire, à dix mètres du génie de la Bastille. Une cour percée en 1780 jouant les décors de mousquetaires, voilà qui aurait plu aux ferrailleurs : dans le faubourg, on a toujours su faire du neuf avec du vieux, et réciproquement.
Oui, cette voie privée s’ouvre en journée : en semaine et le samedi environ de neuf heures à vingt heures, le dimanche l’après-midi. Les grilles ferment le soir.
D’Antoine Pierre Damoye, quincaillier propriétaire du terrain, qui perça la cour en 1780 sur d’anciens terrains des fortifications de la porte Saint-Antoine.
Au dix-neuvième siècle, des chiffonniers et ferrailleurs, souvent auvergnats ; on y répara des charrettes jusque pendant la Grande Guerre, avant la réhabilitation de 1999.
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