L’enceinte de Philippe Auguste, rue Clovis
5 rue Clovis, 75005 Paris
Le trottoir se rétrécit pour le laisser passer. L’enceinte de Philippe Auguste rue Clovis, c’est un morceau de rempart d’environ trois mètres d’épaisseur et neuf de haut, planté entre les numéros 5 et 7, en pleine montagne Sainte-Geneviève. Il n’est ni dégagé ni mis en scène : les immeubles s’y adossent, la rue le contourne. Un fossile de muraille dans le tissu vivant de la ville.
La rive gauche du roi
La rive droite avait payé son mur ; pour la rive gauche, bâtie de 1200 à 1215, Philippe Auguste finance lui-même les deux mille six cents mètres de rempart. Le tracé enjambe la montagne Sainte-Geneviève, redescend vers la Seine des deux côtés, et la rue Clovis en garde le passage le plus lisible : un pan de courtine brut, moellons et blocage, dont la masse dit mieux qu’un livre ce qu’était une ville close. Les vestiges du 5e arrondissement sont classés monuments historiques depuis 1889, la rue Clovis nommément.
La Ville inventorie les autres miettes de la rive gauche : un mur au 4 de la rue Thouin, des caves rue Descartes et rue du Cardinal-Lemoine, une tour sous le passage Dauphine, la base de la tour de Nesle au quai de Conti. Mais rien n’égale la franchise du pan Clovis, qui se donne à hauteur de passant.
L’enceinte de Philippe Auguste rue Clovis, mètre par mètre
- La coupe du mur : parements de pierre des deux faces, blocage de moellons au cœur, la recette de 1200.
- La plaque gravée et le panneau Histoire de Paris, au pied du vestige.
- Les immeubles voisins, littéralement appuyés contre la muraille, huit siècles de mitoyenneté.
- En levant les yeux vers le lycée Henri-IV tout proche, la tour Clovis, clocher de l’ancienne abbaye Sainte-Geneviève, qui dépasse des toits.
Y aller
Rue Clovis, entre le Panthéon et la rue du Cardinal-Lemoine, dans le 5e arrondissement ; métro Cardinal Lemoine. Visible en permanence depuis le trottoir. Le grand frère de la rive droite se longe rue des Jardins-Saint-Paul, et l’époque se prolonge au musée de Cluny, à dix minutes de marche.
Le saviez-vous ?
Les passants confondent régulièrement les deux vestiges de la rue : le pan de muraille, et la tour qui émerge du lycée Henri-IV. Or la tour Clovis n’a rien du rempart : c’est le clocher subsistant de l’abbatiale Sainte-Geneviève, un ouvrage religieux, d’un autre siècle et d’une autre histoire, enclos aujourd’hui dans le lycée et inapprochable. Deux ruines à trente mètres l’une de l’autre, que tout distingue : l’une défendait la ville, l’autre appelait aux offices. Le quartier a simplement l’élégance de ne pas les étiqueter trop fort.
Un pan de courtine d’environ trois mètres d’épaisseur et neuf mètres de haut, encastré entre les immeubles des numéros 5 et 7, visible en permanence depuis le trottoir.
De 1200 à 1215 environ, après la rive droite : deux mille six cents mètres de rempart financés par Philippe Auguste lui-même, enjambant la montagne Sainte-Geneviève.
Non. La tour Clovis est le clocher subsistant de l’ancienne abbaye Sainte-Geneviève, enclos dans le lycée Henri-IV. Elle n’a jamais appartenu au rempart, malgré la confusion fréquente.
Le carnet continue
Vestiges
Le regard de la Lanterne
19e arrondissement
Les vestiges de la Bastille
4e arrondissement
Les dalles de la guillotine, rue de la Croix-Faubin
11e arrondissement
L’enceinte de Philippe Auguste, rue des Jardins-Saint-Paul
4e arrondissement
La maison du Fontainier
14e arrondissement