Gare de l’Est
Place du 11-Novembre-1918, 75010 Paris
Toutes les gares racontent des adieux ; la gare de l’Est en a fait un art. C’est sous sa grande verrière qu’Amélie Poulain traque l’inconnu des photomatons, ce mystérieux monsieur aux photos déchirées ; c’est de ses quais que partirent les mobilisés d’août 1914, immortalisés par l’immense toile d’Albert Herter accrochée dans le hall. Le cinéma français y revient sans cesse, comme on revient sur le quai d’un souvenir.
Où se trouve la gare de l’Est ? Repères sur le plan de Paris
La gare ouvre sur la place du 11-Novembre-1918, boulevard de Strasbourg dans l’axe, à dix minutes à pied de la gare du Nord et du canal Saint-Martin. Métro Gare de l’Est (4, 5, 7). Épingle sur notre carte de Paris.
La scène : l’album aux photos déchirées
Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (2001) : Nino Quincampoix collectionne les photos abandonnées sous les cabines, et Amélie le piste de photomaton en photomaton. Les scènes de gare furent tournées ici, dans ce hall où les cabines existent toujours ; l’énigme de l’homme aux douze visages y trouve son décor exact.
Avant Jeunet, la Nouvelle Vague et le cinéma populaire s’y croisaient déjà : Cher baiser de Charles Bitsch (1964) y embrasse sur le quai, L’Homme du Picardie y transite, Le Gang de Jacques Deray (1977) y règle ses comptes. Et la fresque monumentale d’Herter, Le Départ des poilus, offerte en 1926, veille sur tous les tournages comme sur tous les voyageurs.
Que voir sur place ?
- La toile d’Albert Herter dans le hall Alsace : les mobilisés d’août 1914, bouleversants.
- Les photomatons du hall, clin d’œil vivant au jeu de piste d’Amélie.
- Les deux frontons sculptés, Strasbourg et Verdun, qui disent la géographie de la gare.
- La verrière de 1850, l’une des plus anciennes conservées de Paris.
Y aller
- Adresse : Place du 11-Novembre-1918, 75010 Paris.
- Métro : Gare de l’Est (4, 5, 7).
- Le bon créneau : milieu de matinée, entre deux vagues de trains, le hall respire.
Nos conseils pour la visite
Levez le nez dans le hall Alsace pour la toile d’Herter, que des milliers de voyageurs frôlent sans la voir : peu d’œuvres racontent mieux ce que fut cette gare. Puis filez à pied vers le canal Saint-Martin faire des ricochets, Amélie oblige, ou vers l’Hôtel du Nord pour l’atmosphère, l’atmosphère.
Des cabines de photomaton sont toujours en service dans la gare, où furent tournées les scènes du film. La cabine exacte a pu changer de place au fil des rénovations, mais le rituel demeure.
Le Départ des poilus, août 1914, toile monumentale du peintre américain Albert Herter, offerte en 1926 en mémoire de son fils tombé au front. Elle domine le hall Alsace, côté grandes lignes.
Oui : fresque d’Herter, verrière de 1850, frontons sculptés et photomatons d’Amélie composent une visite gratuite de vingt minutes, à deux pas du canal Saint-Martin.
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