Le parc Georges-Brassens
2 place Jacques-Marette, 75015 Paris
Deux taureaux de bronze gardent l’entrée, et ils ne sont pas là pour décorer. Le parc Georges-Brassens occupe les huit hectares et demi des anciens abattoirs de Vaugirard, dont il a gardé le portail, le beffroi du marché à la criée et les halles aux chevaux. Le reste a été rasé, puis planté : une vigne, un rucher, un jardin de senteurs et des allées qui portent des titres de chansons.
Où se trouve le parc Georges-Brassens ? Repères sur le plan de Paris
Dans le 15e arrondissement, entre la rue des Morillons, la rue Brancion et la rue des Périchaux. L’entrée principale, celle des taureaux, est au 2, place Jacques-Marette. Métro 12 à Convention ou Vaugirard, métro 13 à Porte de Vanves, tramway T3a aux stations Brancion et Georges-Brassens, bus 62, 89 et 95.
À l’autre bout de l’arrondissement, le parc André-Citroën occupe lui aussi un terrain industriel reconverti : les deux parcs racontent la même histoire, celle du 15e qui a remplacé ses usines par des jardins.
Une histoire : des abattoirs de Vaugirard au parc Georges-Brassens
Le terrain appartenait au hameau de Vaugirard et portait des vignes, dites de Périchot ou des Périchaux. Les cultures maraîchères les remplacent, puis l’industrie gagne le village, annexé à Paris en 1860. En 1894, la Ville commande ici des abattoirs pour remplacer ceux de Grenelle : l’architecte Ernest Moreau bâtit six halles autour d’une cour, une halle aux chevaux côté Brancion, un marché à la criée surmonté d’un beffroi, des étables et des greniers à fourrage desservis par la Petite Ceinture.
C’était un abattoir hippophagique, spécialisé dans la viande de cheval, et son souvenir traîne encore dans le parc : une tête de cheval sculptée au portail de la rue Brancion, un buste du docteur Émile Decroix, vétérinaire militaire qui promut la consommation du cheval au XIXe siècle. En 1949, Georges Franju y tourne des séquences du Sang des bêtes. L’activité s’arrête au milieu des années 1970 et la démolition dure jusqu’en 1985.
Le parc naît de ce chantier, sur des plans des architectes Alexandre Ghiulamila et Jean-Michel Milliex avec le paysagiste Daniel Collin. Il prend le nom de Georges Brassens en 1982, quelques mois après la mort du chanteur, qui vivait à quelques centaines de mètres de là, impasse Florimont puis rue Santos-Dumont. Les dates d’ouverture varient selon les sources, de 1977 dans les données de la Ville à 1985 dans la plupart des récits : l’aménagement s’est étalé sur une décennie.
Ce qu’il faut voir au parc Georges-Brassens
- Les deux taureaux de bronze du portail, place Jacques-Marette, modelés par Isidore Bonheur, frère de la peintre Rosa Bonheur, et fondus au Val d’Osne.
- Le beffroi de l’ancien marché à la criée, son horloge à quatre cadrans et son reflet dans le bassin.
- Les deux halles aux chevaux, où se tient le marché du livre ancien et d’occasion chaque samedi et dimanche.
- La vigne du Clos des Morillons, environ 1 200 mètres carrés de pinot noir plantés en 1983 sur le coteau.
- Le rucher pédagogique, créé en 1986 et tenu par la Société centrale d’apiculture, qui fête ses quarante ans cette année.
- Le jardin des senteurs, plus de quatre-vingts plantes aromatiques et médicinales étiquetées en braille, et le kiosque à musique qui accueille les concerts de l’été.
Modalités et infos pratiques
Entrée gratuite. Le parc ouvre à 8 heures en semaine, à 9 heures le week-end, et ferme à 20 h 30 en septembre, à 19 h 30 en octobre. Agrès, aires de jeux, mur d’escalade pour enfants, manèges, guignol, promenade à poney, tables de pique-nique et de ping-pong, jardin partagé, toilettes. Les chiens ne sont pas admis, sauf dans l’espace canin de l’allée des Chiens.
Le rucher fête ses quarante ans les 26 et 27 septembre 2026 : exposition de trente panneaux, conférences sur réservation, ateliers, ouverture du rucher et vente de miel, gratuitement. Attention, la page municipale de l’événement annonce dans son texte l’année 2027 alors que son titre indique 2026. C’est bien cette année.
Le saviez-vous ? Les taureaux ne sont pas d’Auguste Cain
On les attribue souvent au sculpteur animalier Auguste Cain, auteur de tant de fauves parisiens. Ils sont d’Isidore Bonheur, et cette confusion est la plus tenace du parc. Une autre erreur circule dans les guides : le marché aux livres se tiendrait une fois par mois. Il se tient tous les week-ends, cinquante-deux fois par an, sous les charpentes de fonte.
Le parc a aussi ses contradictions officielles. Sur le même site municipal, le rucher a sensibilisé « près de 30 000 » écoliers selon la fiche du parc et « près de 100 000 » selon la page de son anniversaire. Quant au beffroi, une page de la Ville vante la vue depuis son sommet : aucun document ne mentionne d’accès au public. Il se regarde d’en bas.
Les abattoirs de Vaugirard, construits à partir de 1894 : six bâtiments autour d’une grande cour, une halle aux chevaux, un marché à la criée et des étables desservies par la Petite Ceinture. Ils ont fermé dans les années 1970.
Tous les samedis et dimanches, de 9 heures à 18 heures, sous les anciennes halles aux chevaux de la rue Brancion. Il s’y tient depuis 1987, et il n’est pas mensuel comme on le lit parfois.
Il ne se vend pas en boutique. Les 1 200 mètres carrés de pinot noir plantés en 1983 sont vinifiés sous l’ancienne mairie de Grenelle, et les bouteilles partent aux enchères au profit des œuvres sociales du 15e arrondissement.
Le carnet continue
Jardins
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Le square du Temple – Elie Wiesel
3e arrondissement
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12e arrondissement
Le jardin des Tuileries
1er arrondissement
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8e arrondissement
Le parc de Bagatelle
16e arrondissement
Le jardin des serres d’Auteuil
16e arrondissement
Le bois de Boulogne
16e arrondissement