Sur la pente de la rue Tholozé, entre un moulin et les Abbesses, brille depuis 1928 la première salle d’avant-garde de Paris. Le Studio 28, fondé par Jean-Placide Mauclaire, voulut dès l’origine projeter ce que nul n’osait montrer : Buñuel, Cocteau, les surréalistes en firent leur quartier général, et Jean Cocteau dessina pour la salle ses lustres à visages, toujours en place.
Le lieu paya cher son audace : en décembre 1930, la projection de L’Âge d’or de Buñuel déclencha l’assaut des ligues d’extrême droite, écran lacéré et œuvres surréalistes détruites ; le film fut interdit un demi-siècle. Ruiné par l’affaire, Mauclaire dut vendre, mais la salle ne renia jamais son esprit : art et essai, ciné-club du mardi et un jardin-bar à lampions qui compte parmi les secrets les mieux gardés de la Butte.
Où se trouve le Studio 28 dans Paris
Le cinéma tient le 10 de la rue Tholozé, dans le 18e arrondissement, sous le Moulin de la Galette, à quatre minutes de l’épicerie d’Amélie Au Marché de la Butte et à huit du musée de Montmartre. L’adresse est épinglée sur notre carte de Paris.
D’un scandale fondateur au fabuleux destin
Le Studio 28 traversa le siècle en gardant ses rites : présentation des séances, entracte au jardin, dédicaces des cinéastes de passage, d’Abel Gance à François Truffaut, dont les photos tapissent le foyer. Sa salle unique, rouge et or, connut une seconde gloire mondiale en 2001 : Jean-Pierre Jeunet y tourna la séquence où Amélie Poulain se retourne vers la salle, faisant du lieu un pèlerinage pour les amoureux du film. Les visiteurs du monde entier viennent depuis vérifier que le rêve tient toujours : il tient.
Le conseil d’initié : arriver une demi-heure avant la séance pour un verre au jardin sous les lampions, et lever les yeux vers les lustres de Cocteau quand la lumière décline.
Ce qu’il faut vivre au Studio 28
- Les lustres dessinés par Jean Cocteau
- Le jardin-bar à lampions, secret de la Butte
- La salle rouge du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain
- Le ciné-club et les avant-premières de quartier
Y aller
Le Studio 28, 10 rue Tholozé, 75018 Paris. Métro Abbesses ou Blanche (lignes 12 et 2). Séances tous les jours, jardin ouvert avant les séances. Comptez de 7 à 12 €.
C’est la première salle d’avant-garde de Paris, ouverte en 1928, théâtre du scandale de L’Âge d’or de Buñuel en 1930 et ornée de lustres dessinés par Cocteau.
Jean-Pierre Jeunet y a tourné en 2000 la scène où Amélie se retourne vers la salle : le cinéma est depuis un pèlerinage des amoureux du film.
Un jardin-bar à lampions où l’on prend un verre avant la séance, l’un des endroits les plus charmants de la butte Montmartre.
Le carnet continue







