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SECRET PARISIEN

Paris, le samedi 19 septembre 2026

4e Arrt
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Histoire

Pourquoi les policiers parisiens sont-ils des poulets ?

La façade de la caserne de la Cité, siège de la préfecture de police, photographiée par Charles Lansiaux au début du XXe siècle
Charles Lansiaux, CC0 Paris Musées, via Wikimedia Commons

C’est l’une des devinettes préférées des chauffeurs de taxi : savez-vous pourquoi les policiers sont appelés poulets ? Ni pour leur démarche, ni pour une quelconque frilosité, mais pour une raison de cadastre. La réponse niche sur l’île de la Cité, entre Notre-Dame et le marché aux fleurs, à l’endroit exact où la préfecture de police a posé ses valises en 1871 : une caserne bâtie sur l’ancien marché aux volailles de Paris. La gouaille parisienne a fait le reste, et le surnom court depuis un siècle et demi.

Une histoire : un incendie, un déménagement, une basse-cour

Tout commence dans les flammes de la Commune. En mai 1871, pendant la Semaine sanglante, l’ancienne préfecture de police, installée rue de Jérusalem près du quai des Orfèvres, brûle avec ses archives. Sans toit, les services s’installent en urgence dans la grande caserne de la Cité, élevée sous le Second Empire au cœur de l’île, face au parvis de Notre-Dame. Ils ne repartiront jamais : la caserne est devenue la préfecture de police que l’on connaît, massive et grise, veillant sur la place Louis-Lépine.

Or ce terrain n’était pas n’importe lequel. Avant les grands travaux d’Haussmann, s’y tenait le marché aux volailles et au gibier, où Paris venait acheter poules, chapons et faisans. Le peuple, qui a de la mémoire et le sens du raccourci, baptise aussitôt les nouveaux occupants : les policiers sont désormais chez les poulets, donc des poulets. L’argot adore ces adresses devenues destin, et celui-ci s’est révélé indélébile.

Pourquoi les policiers sont appelés poulets, la vraie histoire

Le surnom a survécu à tous les déménagements et à toutes les réformes, quand ses concurrents s’étiolaient. Les sergents de ville sont devenus gardiens de la paix, les hirondelles, ces agents cyclistes à pèlerine noire qui fondaient sur les contrevenants, ont disparu avec leurs bicyclettes, mais les poulets ont tenu bon, du roman policier au cinéma. La langue a même brodé toute une basse-cour : le poulailler pour le commissariat, la maison poulaga pour l’institution, la volaille pour la patrouille. Peu de mots d’argot peuvent se vanter d’une telle carrière.

  • La façade sévère de la préfecture sur la place Louis-Lépine, du nom du préfet à la badine.
  • Le marché aux fleurs voisin, ultime héritier des marchés qui firent l’île de la Cité.
  • Rue de Lutèce, les grilles derrière lesquelles stationnent les cars bleus de la volaille moderne.
  • Côté Seine, l’ancien quai des Orfèvres, dont le seul numéro 36 vaut toutes les légendes.

Le pèlerinage argotique se prolonge à pied : la Conciergerie rappelle que l’île enfermait déjà bien avant les gardes à vue, le 36 quai des Orfèvres raconte un siècle de police judiciaire, et le Pont Neuf a vu défiler plus de filatures que tous les romans de Simenon réunis.

Le saviez-vous ?

Le mythique 36 quai des Orfèvres lui-même a fini par déménager : depuis 2017, la police judiciaire officie dans une tour de verre du quartier des Batignolles, au 36 rue du Bastion, un numéro choisi exprès pour ne pas fâcher la légende. Les poulets, eux, n’ont pas bougé de leur marché aux volailles : il y a des surnoms qui tiennent mieux que les adresses.

D’où vient le surnom de poulets donné aux policiers ?

De l’île de la Cité. En 1871, après l’incendie de l’ancienne préfecture pendant la Commune, la police s’installe dans la caserne de la Cité, construite sur l’emplacement de l’ancien marché aux volailles de Paris. Les Parisiens ont aussitôt surnommé ses occupants les poulets.

Que trouvait-on avant la préfecture de police ?

Le marché aux volailles et au gibier de Paris, où l’on vendait poules, chapons et faisans, avant que les travaux du Second Empire ne remodèlent l’île de la Cité et n’y élèvent la grande caserne devenue préfecture.

Quels autres surnoms la police a-t-elle connus ?

Les sergents de ville devenus gardiens de la paix, les hirondelles pour les agents cyclistes à pèlerine noire, et toute une basse-cour d’argot : poulailler pour le commissariat, maison poulaga pour l’institution. Seuls les poulets ont traversé les époques sans faiblir.

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