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SECRET PARISIEN

Paris, le jeudi 17 septembre 2026

1er Arrt
rueDuphot
Bars 1er arrondissement

Le Charles, au Burgundy

6-8 rue Duphot, 75001 Paris

La rue Duphot, dans le 1er arrondissement de Paris
CVB, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Au cœur de la salle se dresse un comptoir doré, et au-dessus des têtes une fresque monumentale consacrée aux Fleurs du mal. Le Charles, bar de l’hôtel Le Burgundy Paris, au 6-8 rue Duphot dans le 1er arrondissement, est dédié à Charles Baudelaire, dont le restaurant gastronomique de la maison porte, lui, le nom de famille.

Le Charles, et non Charles au Burgundy

Commençons par le nom, que les guides écorchent. L’hôtel écrit Le Charles, ou Le Charles, Bar et Lounge. La forme Charles au Burgundy n’apparaît nulle part dans sa communication. Le menu de son site oppose simplement deux adresses, Le Baudelaire pour la table gastronomique, Le Charles pour le bar : le poète y est coupé en deux, le prénom au comptoir, le patronyme en salle.

Le lieu change de régime au fil de la journée. Néo-bistrot au déjeuner et au dîner, carte de saison signée du chef exécutif Mylo Levin, il devient bar à cocktails le soir, avec des créations empruntées à l’univers du poète, Fleurs de Baudelaire, Muse de Poète, Vice caché. Depuis le 9 septembre 2026, un disc-jockey accompagné d’un violon et d’une voix s’y produit chaque mercredi à partir de dix-huit heures.

Une fresque, quatre muses, et un droit d’auteur

Le décor du bar est de l’architecte d’intérieur Patrick Juliot, et les œuvres sont de Marco Del Re, graveur et peintre italien né à Rome le 21 avril 1950 et mort à Paris le 23 novembre 2019. La fresque du plafond célèbre les Fleurs du mal, et quatre tableaux inspirés des muses du poète habillent les murs.

  • Le comptoir central est doré, et la maison le qualifie de majestueux.
  • La restructuration du bâtiment, achevée en 2010 après deux ans de travaux, est l’œuvre de l’architecte Vincent Bastie.
  • Les deux rôles sont souvent confondus : Vincent Bastie pour le bâtiment, Patrick Juliot pour le décor du bar.
  • Le peintre Guy de Rougemont, mort en 2021, est intervenu sur la verrière et le hall, pas dans le bar.
  • L’hôtel compte cinquante-neuf chambres et suites, contre davantage avant la rénovation.
  • Les œuvres des deux artistes sont encore protégées : toute photographie du plafond reproduit une œuvre sous droits.

Un hôtel qui ignore l’origine de son nom

La maison raconte qu’elle a ouvert en 1850, dans un quartier de la Madeleine alors en plein essor, et qu’elle fonctionna d’abord comme maison meublée, accueillant pour de longs séjours une clientèle française et européenne. Ses registres mentionneraient même la mère de Baudelaire, ce qui expliquerait le double hommage d’aujourd’hui.

Ces éléments viennent de l’hôtel et d’une encyclopédie qui les reprend, sans qu’aucune source indépendante les confirme. Et la maison a l’honnêteté d’ajouter que l’origine de son propre nom demeure un mystère, en supposant que l’anglomanie de l’époque explique ce Burgundy anglais pour une bourgogne française. C’est une hypothèse qu’elle présente comme telle.

Le saviez-vous ? Une rue coupée en deux

La rue Duphot mesure cent quatre-vingt-dix mètres et change de largeur en chemin, dix mètres d’un côté, douze mètres quatre-vingt-dix de l’autre. Elle est à cheval sur le 1er et le 8e arrondissement, même si les numéros 6 et 8 relèvent bien du 1er. Elle porte le nom de Léonard Duphot, général né en 1770 et tué à Rome en 1797.

Elle descend de la rue Saint-Honoré au boulevard de la Madeleine, à deux pas de l’église de la Madeleine et de la galerie de la Madeleine. C’est l’un des rares morceaux du quartier à avoir gardé une échelle de rue, entre la place Vendôme et les grands boulevards.

Le bar s’appelle-t-il Charles au Burgundy ?

Non. L’hôtel écrit Le Charles, ou Le Charles, Bar et Lounge, et n’emploie jamais l’autre forme. Le nom rend hommage à Charles Baudelaire, dont le restaurant gastronomique de la maison porte le nom de famille.

Quels sont les horaires ?

Tous les jours de 7 heures à minuit, d’après l’hôtel. Le patio n’ouvre qu’au service du déjeuner. Le soir, le lieu devient un bar à cocktails, et un disc-jockey accompagné d’un violon s’y produit chaque mercredi à partir de 18 heures.

Qui a peint le plafond ?

Marco Del Re, graveur et peintre italien né à Rome en 1950 et mort à Paris en 2019, auteur d’une fresque monumentale consacrée aux Fleurs du mal, complétée de quatre tableaux inspirés des muses du poète.

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