La Mouzaïa
Rue de Mouzaïa, 75019 Paris
Une vingtaine de villas fleuries dévalent entre la rue de Mouzaïa et la rue de Bellevue, ruelles pavées, glycines, réverbères : le décor semble dessiné pour les cartes postales. La Mouzaïa a pourtant une explication souterraine : si aucune maison n’y dépasse un étage sur rez-de-chaussée, c’est que tout le quartier repose sur les galeries des anciennes carrières de gypse dites d’Amérique, et que le sol ne porte pas davantage.
Le gypse, les traités et les pavillons
Du Moyen Âge aux années 1860, on extrait ici, sur vingt-cinq hectares, le gypse qui fait le plâtre de Paris. Quand l’exploitation cesse, reste un plateau perforé de galeries. En décembre 1889, des traités entre les créanciers du terrain et la Ville fixent les règles du lotissement : quatre types de maisons, limitées à un rez-de-chaussée et un étage, précisément à cause des vides. En 1899, Paul Fouquiau fonde la Société des terrains et habitations à bon marché, qui bâtit les pavillons pour les employés et ouvriers du quartier. Le nom, lui, vient de loin : la nomenclature officielle le rattache à la gorge de Mouzaïa, en Algérie, théâtre de combats en 1839 et 1840, dénomination donnée en 1877.
Ce qu’il faut voir dans la Mouzaïa
- Les villas en escalier, du Progrès, de la Renaissance, d’Alsace et leurs sœurs, chacune avec son caractère.
- Les maisons basses réglementaires, brique, meulière et bois, qui donnent au quartier son ciel dégagé.
- Les jardinets de devant, concours permanent et non déclaré de rosiers.
- Les pentes vers les Buttes-Chaumont toutes proches, qui rappellent le relief minier.
Y aller
Autour de la rue de Mouzaïa et de la rue du Général-Brunet, dans le 19e arrondissement ; métro Botzaris ou Danube. Rues et villas publiques pour la plupart, flânerie libre. Les hauteurs de l’est parisien se donnent la main : la Campagne à Paris et la villa de l’Ermitage complètent la tournée des villages.
Le saviez-vous ?
Le surnom de carrières d’Amérique a nourri sa propre légende, celle d’un plâtre exporté jusqu’à New York ; l’étymologie réelle est discutée et la fiche n’en retient que la prudence. Ce qui est sûr : le plâtre de ces galeries a couvert des générations de murs parisiens, et la règle d’urbanisme née des vides souterrains, un étage et pas plus, a fabriqué sans le vouloir le quartier le plus aéré de Paris. La Mouzaïa doit son charme à sa fragilité : c’est parce que le sol ne portait rien de lourd qu’il porte aujourd’hui tant de légèreté.
À cause des galeries des anciennes carrières de gypse : les traités de décembre 1889 entre les créanciers et la Ville limitèrent les constructions à un rez-de-chaussée et un étage.
De la gorge de Mouzaïa, en Algérie, où se déroulèrent des combats en 1839 et 1840 : la rue fut ainsi dénommée en 1877, selon la nomenclature officielle des voies.
Oui, la plupart des villas se parcourent librement à pied autour de la rue de Mouzaïa et de la rue du Général-Brunet, dans le respect du calme résidentiel.
Le carnet continue
Hôtels particuliers et cours
La cour du Bel-Air
12e arrondissement
L’hôtel d’Albret
4e arrondissement
L’hôtel de Lamoignon
4e arrondissement
Le square d’Orléans
9e arrondissement
La Campagne à Paris
20e arrondissement
L’hôtel Amelot de Bisseuil
4e arrondissement
L’hôtel d’Aumont
4e arrondissement
L’hôtel de Sully
4e arrondissement