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SECRET PARISIEN

Paris, le samedi 19 septembre 2026

9e Arrt
rueTaitbout
Hôtels particuliers et cours 9e arrondissement

Le square d’Orléans

80 rue Taitbout, 75009 Paris

Le pavillon néoclassique à colonnes ioniques du square d'Orléans, avec la fontaine au premier plan
MOSSOT, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons

Il faut franchir le porche du 80 rue Taitbout pour changer de capitale : le square d’Orléans est un morceau de Londres posé dans la Nouvelle Athènes, cour ordonnancée à l’anglaise, colonnes ioniques, fontaine centrale. C’est l’œuvre d’un architecte anglais, Edward Cresy, qui achète les terrains en 1829 et bâtit sur le modèle des squares de sa ville, ensemble achevé vers 1841 sous le premier nom de cité des Trois-Frères.

La petite Athènes du romantisme

Le square fit le plein d’artistes comme d’autres immeubles font le plein de notaires. De 1842 à 1849, Frédéric Chopin loge au rez-de-chaussée du numéro neuf ; George Sand s’installe au numéro cinq, au-dessus de la porte cochère, jusqu’en 1847 : les amants n’habitent pas ensemble, ils habitent en face, et la cour sert de couloir à leur liaison. Autour d’eux, la danseuse Marie Taglioni, Alexandre Dumas, qui donne au pavillon trois un bal costumé resté fameux le 30 mars 1833, le pianiste Zimmerman, le compositeur Alkan, la cantatrice Pauline Viardot, l’actrice Mademoiselle Mars. L’ensemble est inscrit aux monuments historiques depuis 1977, façades, toitures et sol du square.

Ce qu’il faut voir dans le square d’Orléans

  • Le porche du 80 rue Taitbout et son enfilade de cours, du plus pur pittoresque londonien.
  • Les pavillons néoclassiques à colonnes, dont celui de la fontaine.
  • La fontaine centrale, autour de laquelle Sand et Chopin se rendaient visite.
  • Les plaques et adresses des illustres, à reconstituer de façade en façade.

Y aller

Au 80 rue Taitbout, dans le 9e arrondissement ; métro Saint-Georges ou Trinité. La cité est privée : le porche est constaté ouvert en semaine dans la journée et fermé le week-end, sans garantie officielle, la discrétion s’imposant partout. La Nouvelle Athènes se prolonge au musée de la Vie romantique et, côté passages, chez Jouffroy et Verdeau.

Le saviez-vous ?

Chopin donna dans son salon du numéro neuf des leçons et des soirées où Paris se pressait, mais le vrai luxe du square était logistique : dîner chez Sand, composer chez soi, traverser une cour au lieu d’une ville. La romancière raconta ce voisinage organisé, où l’on mettait en commun les dîners chez une amie du square. Le romantisme français, qui se rêvait orageux, a vécu ici ses années les plus domestiques : la passion au rez-de-chaussée, la littérature au premier, la fontaine entre les deux.

Où habitaient Sand et Chopin dans le square d’Orléans ?

Chopin au rez-de-chaussée du numéro neuf, de 1842 à 1849 ; George Sand au numéro cinq, jusqu’en 1847. Voisins de cour, ils se rejoignaient en traversant la place à la fontaine.

Qui a construit le square d’Orléans ?

L’architecte anglais Edward Cresy, qui acheta les terrains en 1829 et bâtit sur le modèle des squares londoniens un ensemble achevé vers 1841, d’abord nommé cité des Trois-Frères.

Peut-on entrer dans le square d’Orléans ?

C’est une cité privée : le porche du 80 rue Taitbout est généralement ouvert en semaine dans la journée, fermé le week-end, sans règle affichée. La visite se fait en silence, chez les gens.

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