La maison du Fontainier
42 avenue de l'Observatoire, 75014 Paris
Rien ne signale au passant que cette maison de pierre, retirée derrière son mur de l’avenue de l’Observatoire, est un monument de l’eau. La maison du Fontainier, bâtie en 1619, est le vingt-septième et dernier regard de l’aqueduc Médicis : le lieu exact où l’eau de Rungis, après treize kilomètres de voyage souterrain, arrivait dans Paris pour y être partagée. Dessous, trois bassins. Et sur ces trois bassins, tout un ordre social.
L’eau de la reine, au litre près
Marie de Médicis veut des eaux pour son palais du Luxembourg et ses jardins : le chantier de l’aqueduc, lancé en 1613, s’achève le 19 mai 1623. À l’arrivée, la maison du Grand Regard fait office de château d’eau et de logement de fonction : y habite le fontainier du roi, Thomas Francine, d’une dynastie florentine passée au service de la France, les Francini devenus Francine. Sous ses pieds, la répartition est architecturale : un bassin pour le roi et le Luxembourg, un bassin pour les communautés religieuses, un bassin pour les fontaines publiques. Quand l’eau manquait, l’ordre des bassins disait sans phrase qui serait servi d’abord.
L’ensemble est protégé au titre des monuments historiques depuis 1994, réservoirs souterrains compris, au sein du classement de l’aqueduc des eaux de Rungis.
Ce qu’on découvre à la maison du Fontainier
- La façade sur jardin et son perron double en fer à cheval, visible depuis l’avenue quand les feuillages le permettent.
- En visite, la salle des trois bassins voûtée, où l’eau se partageait entre le roi, les couvents et la ville.
- Les arrivées et départs de conduites, tuyauterie d’Ancien Régime encore lisible.
- Le souvenir de la dynastie Francine, fontainiers des rois de France pendant plus d’un siècle.
Visiter, une affaire de calendrier
Au 42 avenue de l’Observatoire, dans le 14e arrondissement ; RER Port-Royal. La maison ne se visite qu’en visite guidée : lors des Journées européennes du patrimoine, sur inscription, et lors des visites régulières organisées par l’association Paris historique. Le reste du temps, la façade se laisse voir de la rue. L’autre bout de la chaîne de l’eau parisienne se raconte au regard de la Lanterne, et l’époque de la reine au jardin des Tuileries.
Le saviez-vous ?
On confond souvent l’aqueduc Médicis avec un ouvrage romain. La confusion a une excuse : le tracé du dix-septième siècle reprend, vers Arcueil, celui de l’aqueduc antique de Lutèce, qui alimentait les thermes du boulevard Saint-Michel. Mais le Médicis est un pur chantier de 1613 à 1623, voulu par une reine florentine pour son palais, et sa maison de tête loge encore, quatre siècles plus tard, la mémoire d’un métier disparu : fontainier du roi, l’homme qui savait où l’eau dormait.
Oui, mais uniquement en visite guidée : lors des Journées européennes du patrimoine, sur inscription, et lors des visites organisées par l’association Paris historique. La façade se voit librement depuis l’avenue.
À partager l’eau de l’aqueduc Médicis en trois parts : celle du roi et du palais du Luxembourg, celle des communautés religieuses et celle des fontaines publiques de Paris.
Non. Construit de 1613 à 1623 pour Marie de Médicis, il reprend seulement, vers Arcueil, le tracé de l’aqueduc antique de Lutèce, d’où la confusion fréquente.
Le carnet continue
Vestiges
Les colonnes de la barrière du Trône
12e arrondissement
L’enceinte de Philippe Auguste, rue des Jardins-Saint-Paul
4e arrondissement
La colonne Médicis
1er arrondissement
Les vestiges de la Bastille
4e arrondissement
Le regard de la Lanterne
19e arrondissement