La rotonde de Chartres, au parc Monceau
35 boulevard de Courcelles, 75008 Paris
Elle fait si bien l’aristocrate à l’entrée du parc qu’on oublie son premier métier. La rotonde de Chartres, seize colonnes en couronne sous un dôme, n’a pas été bâtie pour orner Monceau : c’était une barrière d’octroi du mur des Fermiers généraux, un péage dressé par Claude-Nicolas Ledoux à la fin des années 1780, entre 1787 et 1788 selon les sources, qui divergent d’un an et qu’on laissera diverger.
La survivante mal-aimée
Au printemps 1789, des cahiers de doléances parisiens qualifient les barrières de Ledoux de Bastilles, c’est la Ville qui le rappelle dans son parcours Révolution. En juillet, la colère passe aux actes et brûle les bureaux d’octroi en série, quelques jours avant la prise de la vraie Bastille. Celle de Chartres échappe au feu, on ne sait trop pourquoi : voisinage du domaine du duc d’Orléans, hasard des cortèges, personne ne l’a consigné. Elle est classée monument historique par l’arrêté du 24 avril 1907, le même jour que ses sœurs de la Villette et du Trône.
Son nom vient du duc de Chartres, futur Philippe Égalité, dont la folie Monceau s’étendait derrière : la tradition veut que l’étage de la rotonde lui ait servi de belvédère sur ses jardins. C’est une tradition, aucune source d’époque exhibée ne la garantit, et la fiche préfère le dire que le broder.
Ce qu’il faut voir à la rotonde de Chartres
- Le péristyle de seize colonnes, le plus gracieux des dessins de Ledoux pour le mur fiscal.
- Le dôme et sa girouette, coiffure ajoutée au fil des restaurations du parc.
- Les grilles dorées de Monceau, dessinées sous le Second Empire, qui encadrent la rotonde comme un bijou.
- Le contraste entre la fonction née fiscale et le décor de parc de plaisance qui l’a adoptée.
Y aller
À l’entrée principale du parc Monceau, boulevard de Courcelles, dans le 8e arrondissement ; métro Monceau. La rotonde se voit en permanence depuis le boulevard, et de plus près aux heures d’ouverture du parc. Les trois autres barrières survivantes complètent la collection : la rotonde de la Villette et les colonnes du Trône.
Le saviez-vous ?
Pour une fois, la légende révolutionnaire est vraie et documentée : des barrières traitées de Bastilles au printemps 1789, ce n’est pas une image d’historien, c’est le mot des cahiers de doléances eux-mêmes, noir sur blanc. La rotonde de Chartres a donc connu ce destin rare d’être insultée comme un symbole d’oppression, épargnée par l’émeute, puis recyclée en pavillon d’entrée du parc le plus élégant de Paris. Les monuments aussi savent refaire leur vie.
C’était une barrière d’octroi du mur des Fermiers généraux, bâtie par Ledoux à la fin des années 1780 : on y taxait les marchandises entrant dans Paris, avant que le parc Monceau n’en fasse son pavillon d’entrée.
On l’ignore : les émeutiers de juillet 1789 ont brûlé les barrières en série, mais celle de Chartres fut épargnée sans que les sources en donnent la raison. C’est l’une des quatre survivantes du mur.
Du duc de Chartres, futur Philippe Égalité, dont la folie de Monceau s’étendait juste derrière la barrière. La tradition lui prête un belvédère à l’étage, sans preuve d’époque.
Le carnet continue
Vestiges
Les vestiges de la Bastille
4e arrondissement
L’enceinte de Philippe Auguste, rue des Jardins-Saint-Paul
4e arrondissement
La rotonde de la Villette
19e arrondissement
La colonne Médicis
1er arrondissement
Le regard de la Lanterne
19e arrondissement