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SECRET PARISIEN

Paris, le jeudi 10 septembre 2026

16e Arrt
avenueFoch
Mobilier urbain

Les entrées de métro Guimard, l’Art nouveau à fleur de trottoir

L'édicule Guimard de la station Abbesses, verrière en ailes de libellule et fontes vertes
Tilman2007, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Elles poussent sur les trottoirs comme des tiges de fer : les entrées de métro Guimard sont le plus célèbre mobilier urbain du monde, et Paris a bien failli les perdre. Des 166 accès dessinés par Hector Guimard à partir de 1900 pour la toute jeune Compagnie du Métropolitain, 88 subsistent aujourd’hui, classés ou inscrits, choyés, copiés de Chicago à Lisbonne. Fontes vertes, lettrage fiévreux, lampes orangées en brins de muguet : l’Art nouveau descendu dans la rue.

Une histoire : le scandale de 1900 devenu trésor national

Quand le métro s’ouvre pour l’Exposition universelle, la Compagnie veut des entrées visibles et bon marché : Guimard, l’architecte du Castel Béranger, impose la fonte moulée, les courbes végétales et un lettrage inventé par ses soins. Le bourgeois s’étrangle, la presse parle de style nouille, et dès 1904 l’Opéra obtient un accès en pierre, plus convenable. Les démolitions s’enchaînent au fil du siècle, jusqu’au sursaut : l’entourage devient icône, le mot bouche de métro entre dans la langue avec ses volutes.

Trois édicules à verrière subsistent. Celui de la Porte Dauphine, seul survivant du modèle à panneaux de lave émaillée surnommé la libellule, n’a jamais quitté son avenue. Celui des Abbesses, dernier du modèle A, fut transplanté de l’Hôtel de Ville au début des années 1970. Celui de Châtelet, place Sainte-Opportune, est une reconstitution offerte au centenaire du métro, en 2000.

Ce qu’il faut regarder

  • Les lampes orangées, portées comme des fleurs par deux tiges courbées : le fameux brin de muguet.
  • Le lettrage Métropolitain dessiné par Guimard, jaune sur fond vert, jamais réédité en typographie courante.
  • Les écussons de fonte ajourés des entourages, moulés comme des cartouches végétaux.
  • La verrière en ailes de libellule des Abbesses, à contempler de trois quarts, côté place.

Où admirer les entrées de métro Guimard aujourd’hui

Le pèlerinage commence Porte Dauphine, avenue Foch, devant la libellule d’origine, se poursuit aux Abbesses pour l’édicule complet, et s’achève place Sainte-Opportune. Les entourages simples, eux, parsèment tout le réseau : Cité, Saint-Michel, Pigalle ou Réaumur-Sébastopol en gardent de très beaux. En chemin, le quai fantôme de la Porte des Lilas et la station Lamarck-Caulaincourt racontent d’autres légendes du métro.

Le saviez-vous ?

Guimard offrit un édicule à Montréal, remonté à la station Square-Victoria : c’est la seule entrée Guimard authentique hors de Paris. Les autres capitales n’ont que des copies, offertes par la RATP en gage d’amitié, et l’original de la Porte Dauphine reste le plus photographié des deux hémisphères.

Combien reste-t-il d’entrées de métro Guimard à Paris ?

Sur les 166 accès posés entre 1900 et 1913, 88 subsistent aujourd’hui, protégés au titre des monuments historiques : 3 édicules à verrière et 85 entourages de fonte.

Où voir un édicule Guimard complet ?

À la Porte Dauphine, avenue Foch, pour l’unique libellule d’origine restée en place ; aux Abbesses, à Montmartre, pour le dernier modèle A, transplanté de l’Hôtel de Ville ; place Sainte-Opportune enfin, pour la reconstitution du centenaire, en 2000.

Pourquoi les a-t-on tant détruites ?

Le style Guimard, moqué dès 1900 puis jugé démodé, fut sacrifié aux élargissements de voirie et au goût du jour pendant un demi-siècle. Le classement des survivantes, engagé à partir des années 1960, a arrêté l’hécatombe.

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